ON REVIENT A L'IDÉE DES DEUX NÉGOCIATIONS
ley. Le Roi compte que l’Impératrice Reine approuvera cette démarche dont vous voudrez bien lui faire part. » Choiseul ne peut se refuser le plaisir de constater le triomphe de sa politique : « Je crains que M. de Kaunitz ne vous raarque quelque humeur sur l'envoi des ministres réciproques à Londres e‘ à Paris, non pas que j'imagine que le ministère de l'Impératrice puisse, après les déclarations que vous lui ferez, avoir des inquiétudes sur la franchise et la probité des démarches du Roi, mais parce que M. de Kaunitz sentira que l’idée des deux congrès a été adoptée généralement des amis et des ennemis, hors de sa part et que sa résistance n'y à apporté qu’un changement de forme. Ce ministre l’a senti d'avance, car il faut toujours en revenir au vrai, puisqu'il laisse ici M. de Starhemberg, au lieu de l’envoyer à Augsbourg. »
Jusqu'alors, c'était nécessairement le prince Galitzin qui avait été à Londres l'intermédiaire des puissances alliées. Avant de nous séparer de lui, retraçons le tableau qu'il esquisse du gouvernement (1) auprès duquel il était accrédité : « Les ministres sur lesquels les affaires de la nation britannique roulent actuellement sont deux secrétaires d’État et le duc de Newcastle. La position des deux premiers étant tout à fait différente, leur conduite ne l’est pas moins. M. Pitt étant le ministre du peuple ne peut se soutenir que tant qu’il en possède la faveur, et par conséquent, il ne peut que vouloir, ou la continuation de la guerre, ou une paix extrêmement avantageuse à la nation, sachant que l’un ou l’autre lui servira de moyen sûr pour se “outenir en crédit, se rendre nécessaire et se conserver dans le ministère. Le comte Bute, au contraire, à peine connu autrefois à la nation, ayant actuellement toute la confiance du Roi, et étant sûr de la conserver entièrement et sans partage, ne cherche qu'à rétablir la tranquillité et
(1) Galitzin à Choiseul, 28 avril 1761. Affaires Étrangères.
par là rendre son ministère permanent, en devenant l’homme tout-puissant en temps de paix, où il lui est plus facile de se passer des autres. Les circonstances du duc de Newcastle étant d’un côté très différentes de celles de mylord Bute, d'où il ne serait pas contre la raison de conclure que M. Pitt aura non seulement contre lui ces deux autres ministres, mais aussi la plus saine partie de la nation, au cas qu'il voulût s'opiniâtrer à insister sur des conditions plus avantageuses à la paix future, que la France ne saurait et ne voudrait les donner. » Comme on le voit, Galitzin estime que le sentiment public en Angleterre est favorable à la paix et conseille à Choiseul de ne pas laisser « entrevoir trop de facilité après l'envoi réciproque des ministres »; enfin, il le met en garde contre la pensée secrète de Pitt et de quelques-uns de ses collègues qui chercheraient, en procurant une paix glorieuse au roi de Prusse, de « dégoüûter entièrement par là les cours impériales de l'alliance de la France ».
Après s'être avancé comme on l'avait fait, il eût été en effet difficile de ne pas accepter la proposition anglaise; d’ailleurs, Choiseul y était tout disposé ; aussi répondit-il (1) très poliment à la lettre de Pitt et lui exprimat-il tous ses regrets de ne pouvoir traiter en personne avec lui : « J'aurais cependant été bien flatté d’avoir l'honneur de négocier directement avec V. E. une affaire aussi importante. Personne n’a plus que moi de confiance dans la probité et les rares talents de V. E., et j'ose présumer que la volonté des rois nos maitres une fois décidée pour la paix, les lumières de V. E., unies à mon zèle pour un bien si précieux, en auraient aplani les difficultés. » Dans l'impossibilité de se rendre à Londres, il lui recommande M. de Bussy qui est « accoutumé à travailler » avec lui. Le voyage des deux envoyés
(1) Choiseul à Pitt, 4 mai 1761. Affaires Étrangères.
nant
plus duc s de condeux | na- * des Le la e on iglele ne réciontre ollèicuse à les
té en aise; sponimaonne avoir une oi de aîtres E., aient dre à ccouvoyés