INSTRUCTIONS DE BUSSY
désir de Congrès général, et Sa Majesté a acquiescé à la délicatesse de cette princesse avec la modification juste de pouvoir traiter séparément sa paix particulière avec l'Angleterre. Cette détermination a produit le congrès d’Augsbourg, la demande de la part de l'Angleterre de s'envoyer des ministres respectifs à Londres et à Paris, enfiu l'envoi en Angleterre du sieur de Bussy, dont les talents, l'expérience et le zèle ont déterminé le choix de Sa Majesté.
« Le premier principe que le sièur de Bussy doit avoir sans cesse devant les yeux, dans le cours de la négociation, est que le Roi désire parvenir à la conclusion d’une paix raisonnable avec l'Angleterre, mais sans se séparer de ses alliés, et sans leur faire aucun mystère des objets que Sa Majesté jugera à propos de traiter et d'arrêter à Londres. Il faut que le ministre du Roi saisisse bien le plan qui a dirigé la conduite de Sa Majesté depuis deux ans. Le Roi ne veut mériter aucun juste reproche de la part de ses ailiés; il ne veut pas en même temps sacrifier les intérêts de sa couronne aux idées ambitieuses et souvent chimériques des Cours Impériales. Pour concilier ces deux résolutions, Sa Majesté a pris le parti de faire connaitre à chaque occasion la vérité de la chose, et de sa volonté aux deux Impératrices. On à tâché de les ramener à cette vérité, et quand il n’a pas été possible de les faire revenir de leurs prétentions, on ne leur à pas dissimulé l'intérêt du Roi et de sa détermination sur les partis qu'il pourrait prendre. Cette méthode a réussi jusqu'à présent au delà de toute espérance. »
Suit une revue des sentiments qui inspirent les autres signataires de la déclaration du 26 mars. La Suéde se conformera fidèlement aux visées de la France ; le roi de Pologne à obéi au désir d’être agréable à S. M. Très Chrétienne ; quant à son ministre saxon, Le comte de Brühl, «les seules vues politiques qu'on ait pu lui découvrir sont
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blement avec réserves, comme à Starhemberg., Choiseul à Ossun, 2 juin
pour faire servir la cour de Saxe de nœud aux liaisons de la cour de Russie avec celles de Londres. » À l'égard de la Russie, la France est indépendante, mais vis-à-vis de l'Impératrice-Reine, elle estengagée « par l'article 13 du traité du 30 décémbre 1758 qui porte la promesse réciproque de ne faire ni paix ni trêve avec leurs ennemis communs et respectifs que d'un parfait concert et commun consentement ». En conséquence, « tous les objets concluants » traités à Londres devront ètre communiqués au prince Galitzin et à la cour de Vienne, « mais ces communications n'altérersnt point le fond de la négociation relativement aux intérêts du commerce et des colonies de la France vis-à-vis de l'Angleterre, c'est-àdire à la guerre maritime proprement dite ».
Le passage suivant concerne l'Espagne (1); i sans dire que Starhemberg n'en eut pas connaissance : « Le sieur de Bussy doit aussi marquer de la confiance à M. le comte de Fuentes, ambassadeur d’Espagne. La cour de Madrid a proposé à Sa Majesté de conclure un traité offensif et défensif. Le projet de ce traité tel qu'il a été communiqué par le marquis de Grimaldi, serait sujet à de grands inconvénients dans les circonstances présentes. Le Roi a jugé à propos de diviser en deux parties le projet espagnol et de proposer à Sa Majesté Catholique un traité d'amitié, de garantie, purement défensif, lequel serait une espèce de pacte de famille. Il est à présumer que la négociation de ce traité qui est si analogue à l'intérêt et aux sentiments des deux souverains, aura le succès que l’on en doit attendre. De plus, le Roi qui à communiqué à Sa Majesté Catholique sa position actuelle politique, vis-à-vis de l’Angletérre, proposera à ce prince de différer les engagements offensifs contre
(1) Les instructions de Bussy furent communiquées à Grimaldi, proba-
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