SITUATION CRITIQUE DU ROI. FA
cas S. E. fera la jonction entre M. de Laudon et le comte de Czernitchew pour agir ensemble de l’autre côté de l'Oder contre le prince Henri; S. E. avec son armée opérera de concert avec eux de ce côté-ci de l'Oder. » Le 13 août, Laudon qui, depuis la campagne de 1759, était à peu près seul des généraux autrichiens «persona grata » au quartier général russe, eut une entrevue avec Soltikofr. Rien ne fut changé aux engagements conditionnels pris par le Russe, mais grâce à la promesse d’une action énergique et combinée des Autrichiens contre Frédéric, le maréchal se décida à détacher le corps de Czernitchew sur la rive gauche de l’Oder. A la suite de cet accord le divisionnaire russe franchit le fleuve le 1% et campa à Gross-Bresa un peu au nord du champ de bataille de Leuthen. Le prince Ilenri était loin; ainsi que nous l’avons dit, il avait débouché de Breslau, passé l’Oder et s'était établi depuis le 12 août dans les environs de Hühnern et Mahlen sur la rive droite du fleuve. Les circonstances de l’armée royaie devenaient de plus en plus critiques; forte de 38.000 hommes, elle allait être exposée aux coups des 80.000 combattants de Daun et de ses lieutenants Lasey et Laudon ; elle n'avait plus que 3 jours dc pain. Impossible de tirer des vivres des magasins de Schweidnitz et de Breslau, dont les accès étaient barrés par la masse ennemie que venaient de renforcer les 20.900 hommes de Czernitchew; seule, la communication avec Glogau était encore ouverte, mais se retirer sur cette place, c'était abandonner aux Impériaux presque toute la Silésie et renoncer à la jonction tout au moins immédiate avec le prince Henri.
A en juger par la lettre citée plus haut qu'écrivit Frédéric, le 13, de Liegnitz, cette réunion était sa grande préoccupation. En vue de l'exécution de ce projet, après une journée consacrée à un repos que les fatigues précédentes rendaient indispensable, Frédéric prit les disposi-
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