‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 270 sur 332 · RE · texte numérisé non relu

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comme un ultimatum de la France, mais comme leur première proposition. Lord Bute s'est plaint de ce que la négociation avait été transportée à Paris et m'a dit que si on avait pu prévoir que cela se passerait ainsi, il aurait fallu donner au Roi plus de temps et plus de loisir pour choisir le négociateur. Quant à moi, pourvu qu'on fasse une bonne paix, je me soucie très peu de celui qui la bouclera. »

Le conseil consacra deux séances à l'examen des offres de Choiseul et à la préparation des contre-offres anglaises. Newcastle (1) nous donne un résumé des débats. Pitt débuta en manifestant la satisfaction que lui avait causée la lecture de la pièce française, quelque incomplète qu'elle fût. Il se prononcça en faveur de l'admission des conquètes françaises d'Allemagne au compte des compensations. Tout le monde partagea cette manière de voir. Ce point acquis, Pitt passa en revue la note dictée par Choiseul, qui « malgré l'obscurité, la duplicité et le peu d'importance de l’ensemble », devait servir de base de discussion. Le conseil fut unanime à exiger la cession du Canada en entier sans fixation de limites, ainsi que de l'ile du cap Breton. La question des pèrheries donna lieu à une longue discussion. Pitt se déclara nettement hostile à tout renouvellement des droits de pèche accordés par le traité d'Utrecht ; l'exclusion des Français devait être une condition « sine qua non ». A l'en croire, plutôt que céder sur cetobjet, mieux vaudrait rompre la négociation et risquer la continuation de la guerre pendant la campagne actuelle et même en recommencer une autre. Tel était son avis personnel, mais il s'inclinerait devant le vote de la majorité. Le vieux Granville combattit une pareille intransigeance; nous y perdrions la paix et mettrions contre nous toutes les puissances maritimes de l’Europe. Bute ne de-

(1) Newcastle à Devonshire, 28 juin 1761. Newcastle Papers.

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