‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 272 sur 332 · IMPORTANCE DES PÊCHERIES 4U #OINT DE VUE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DES PÊCHERIES 4U #OINT DE VUE FRANÇAIS

ministre français: Choïseul, dont la lettre est postérieure de peu de jours à la discussion avec Stanley, constate (1) que le désaccord existe sur trois points : Cap Breton, Dunkerque et le Sénégal. Après avoir insisté sur l'importance des pêcheries de Terre-Neuve et de la traite des nègres, et sur la nécessité de conserver à la marine les ports d'attache indispensables pour ces deux branches de commerce, il résume le débat : « Vous aurez attention de marquer à M. Pitt un éloignement absolu sur ces trois points, afin de connaitre à quel point ils tiennent, chacun en particulier, à cœur à ce ministre. Mais pour votre instruction, je dois vous prévenir que nous pensons ici, que celui de la pêche est d'une nécessité absolue, et sera une condition « sine qua non ». Celle de la côte d'Afrique peut être négociée afin de chercher entre les deux cours des tempéraments pour se concilier; celui de Dunkerque peut aussi se négocier, c'est-à-dire que l'on stipule que Dunkerque reste dans l’état où il est à présent, sans l'obligation de démolition, qui serait déshonorante; mais avant de négocier sur les deux derniers points, il faut les soutenir, comme je vous l'ai dit, avec acharnement, jusqu’à ce que nous connaissions parfaitement le degré de tenue de M. Pitt sur ces objets. Quant aux armées d'Allemagne, nous prendrons les précautions les plus justes pour que nos alliés n'aient pas à se plaindre; le meilleur moyen sera que les armées du Roi restent sur le Mein et sur le Rhin, jusqu’à la conclusion de la paix d'Allemagne, à laquelle la France et l'Angleterre contribueront de tout leur pouvoir, dès que les différends des deux couronnes seront ajustés. » A signaler, de la part de Choiseul, la suggestion d’un échange de la Guyane contre Terre-Neuve que Pitt repoussera en affirmant « que les Anglais étaient des peuples septentrionaux et qu’ils ne voulaient pas d'établisse-

(1) Choiseul à Bussy, 4 juillet 1761. Affaires Etrangères.

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ments méridionaux ». Bussy qui avait reçu l’autorisation de parler de la note de Choiseul du 17 juin, aussitôt la dépêche arrivée, eut une entrevue (1) avec Pitt. Ce dernier se montra intransigeant sur toute la ligne; d’ailleurs, il ne parlait qu'en son nom personnel et devait attendre la communication officielle qu'annonçait la cour de Versailles. Au cours du débat, à propos des Antilles neutres, Bussy dit incidemment « que nous ne pourrions traiter cet objet que conjointement avec l'Espagne, à cause des prétentions » de S. M. Catholique. « Oh, mon Dieu, s’écria Pitt, j'espère bien que cela n'arrivera pas; l'Espagne n'a rien à voir dans la négociation entre les deux couronnes, et l’Angleterre ne permettra jamais qu'elle v soit admise. » Ce fut précisément ce point scabreux de l'intervention en faveur de l'Espagne que souleva Choiseul dans se lettre (2) du 15 juillet : Il prévoit le refus de l'Angleterre d'accorder une satisfaction quelconque en matière de pèche et se précccupe de la rupture qui suivra; « mais, ajoutet-il, il ne faut pas presser votre retour et même il est nécessaire de gagner du temps, afin de suspendre les armements anglais contre nos côtes et d'approcher de la saison où ils ne sont plus à craindre. Voilà le motif qui m'a fait différer de 15 jours l'envoi du mémoire que je vous adresse ». Pour l'échange de notes, il faudra compter deux mois, Cela nous conduira au mois de septembre : « C'est alors que si nous ne pouvons pas nous accommoder avec la cour de Londres, nous romprons avec éclat la négociation. En la rompant, nous nous engagerons dans une nouvelle guerre de concert avec lEspagne. Pour ne pas perdre l'instant de déterminer la cour de Madrid à se déclarer contre l'Angleterre, nous sommes convenus qu'en réciprocité de cette ssurance,

(1) Bussy à Choiseul, 9 juillet 1761. Affaires Ktrangères. (?) Choiseul à Bussy, 15 juillet 1761. Affaires Etrangères.

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