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MEMOIRE SUR LES GRIEFS ESPAGNOLS

si nos propositions de paix n'étaient pas acceptées de la cour de Londres, nous joindrions dans ces propositions les différends de l'Espagne avec l'Angleterre, Quelque opposé que M. Pitt ait paru à cette union des intérêts des deux couronnes, il est essentiel pour leur avantage réciproque qu'elle ne soit pas dissimulée au ministère britannique. Ce que j'ai pu faire de mieux a été de ne le pas comprendre dans le mémoire des propositions positives, et d’en faire un mémoire séparé, qui est tourné de façon que quoiqu'il dise les mots essentiels, il ne peut pas choquer la cour britannique; au contraire, il peut être envisagé comme une preuve de notre bonne foi. »

Avant de remettre les deux pièces à Pitt, Bussy devait les communiquer à Fuentes et se concerter avec lui sur le moment de la présentation de celie relative aux griefs espagnols. Choiseul était d'avis de « ne faire usage du mémoire particulier » qu'après avoir recu la réponse anglaise aux conditions françaises. Une remise préts turée entrainerait le danger « d'annoncer la déclaration de guerre de l'Espagne qu’au contraire, il faut dissimuler d'autant plus qu'elle sera plus prochaine ». Choiseul se place dans l'hypothèse de l'ajournement et continue « Si les Anglais, contre notre attente, acceptaient notre « ultimatum », vous diriez à M. Pitt que ce n'est plus comme ennemi de l'Angleterre, mais comme son ami, que le Roi veut confier à S. M. Britannique ses engagements avec l'Espagne; vous lui confieriez l'article de la À convention, vous lui demanderiez conseil sur cet article, vous lui feriez sentir notre embarras, embharras que nous

} ne pouvions éviter, vu l'incertitude de la paix, et que 4 nous ne pouvons pas éluder à présent pour deux motifs : celui de la fidélité à la parole donnée, et celui du désir de la solidité de la paix; vous ajouteriez que nous ne pouvons pas croire que pour des différends faciles à ajuster et par une espèce de pointillé de vanité, le roi d'Angleterre

pc LA GUERRE DE SEPT ANS, CHAP. IX.

veuille continuer le malheur de l'Europe. » Au surplus, le Roi s’en rapporterait au jugement de Fuentes sur le moment de produire le mémoire franco-espagnol.

En ce qui concerne les conditions de paix adoptées par le conseil et jointes à la dépêche, elles étaient plus complètes que la note de Choiseul du 17 juin, mais elles différaient de celle-ci sur quelques clauses dont la plus essentielle avait trait à l'évacuation de l'Allemagne. Dans le papier dicté à Stanley, Choiseul avait promis fort légèrement la restitution des conquêtes faites en Allemagne sur les alliés britanniques, ce qui comprenait implicitement Wesel et les possessions du roi de Prusse sur les deux rives du Rhin. Les offres approuvées par ‘+ Roi en son conseil ne parlaient que du Hanovre, de la Hesse et de Hanau. Le mémoire annexé faisait de cet artiele un commentaire (1) détaillé : « Comme le Roï est engagé par un traité avec l’Impératrice Reine de ne rien stipule: dans son traité de paix avec l'Anglsterre qui puisse être désavantageux à S. M. Impériale... . le Roi, fidèle à ses engagements envers ses alliés, et fori éloigné de rien statuer qui puisse leur nuire, propose au roi d'Angleterre qu'il soit convenu que $. M. Britannique s’engagera qu'aucune partie des troupes qui composent l'armée du prince Ferdinand, sous quelque prétexte que ce puisse ètre, ni sous aucune dénomination, ne joindra l’armée de S. M. Prussienne et n'agira offensivement contre les troupes de l'Impératrice Reine et de ses alliés, de mêm: qu'aucune troupe francaise, sous aucun prétexte, ne joindra l'armée Impériale et ne pourra servir contre les alliés de la Grande-Bretagne. Pour constater les positions, i! sera de plus arrêté qu'après les évacuations, l'armée di Haut-Rhin commandée par Le maréchal de Broglie se reürera sur le Mein, le Necker et le Rhin, occupant Franc-

(4) Propositions de Choiseul, 13 juillet 1761, Newcastle Papers

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