‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 275 sur 332 · SUCCÈS DE STANLEY A PARIS · texte numérisé non relu

SUCCÈS DE STANLEY A PARIS

em- leur teneur que S. M. décidera jusqu'à quel point et pour dis- combien de temps le projet de traité mérite son attention qui, royale. » Il énumère les concessions qui pourront résulter ivie des discussions ultérieures, parmi lesquelles le passage sion : relatif à l'évacuation de l'Allemagne est à citer : « La arée France retirera ses troupes de la Westphalie aussi vite qui qu'elle le pourra; elle donnera à ses représentants l’ordre aux de se concerter et d'agir avec les nôtres à Augsbourg dans l'intérêt de la paix générale en Allemagne: si on se met

s de d'accord d'abord sur ces points, elle se contentera de r le 1 mettre ses bons offices au service de l'Espagne. Je suis tit à fermement convaincu que si nous lui refusons toute parti- 1OUS cipation aux pêcheries américaines, elle renforcera ses con- alliances actuelles sur le continent et s'en formera de nouavait velles, basées sur des acquisitions dans Les Pays-Bas. Je 1ents doute très fort qu'elle consente à la démolition de s de k Dunkerque. Telle sera, d’après mon humble opinion, ande la situation entre les deux nations et telles seront les de de - dispositions de la France quand S. M. prendra sa déter-

avec mination finale entre la paix et la guerre. »

et la F4 A cette heure des débats, l'opinion de Stanley avait onné une véritable valeur: très bien accueilli à Paris, il s'était aient 3 créé des relations nombreuses dans les meilleurs cercles. nents Sans doute, il fait dans sa correspondance une part trop nème À large à ses succès mondains, mais si les impressions sont exagérées, les faits n’en restent pas moins acquis. Il est

tions \ certain que Choiseul et sa sœur, la duchesse de Gramont, est ni 4 furent des plus aimables à son égard. Soit sympathie pour ropo- | un étranger bien élevé, cultivé, intelligent, parlant admi- Lerné- K ‘ablement leur langue, soit désir de gagner le plus pos- | vous j sible à leur cause l'ami et le protégé du grand ministre four- ‘4 qui était Le véritable arbitre de la situation, les Choiseul 'aurt Pa admirent Stanley ‘1) dans leur intimité, et, dans leur

Leg 1) Stanley à Pitt, 28-29 juin 1761. Newcastle Papers. A Ta ES si Ne ; , ÉD ET Ass ; 4

commerce journalier, lui montrèrent une confiance qui paraitrait excessive si elle n'avait pas été raisonnée. C’est ainsi que M°° de Gramont, chaque fais qu'elle rencontre l'Anglais, l’entretient de sa haine et de son mépris pour les Allemands; elle tourne en ridicule Starhemberg et Grimaldi; un jour, après un diner diplomatique, elle affecte de faire asseoir Stanley à côté d’elie, de lui parler à voix basse et de faire durer le tête-à-tète plus d'une heure, alors qu’elle est presque impolie pour les ambassadeurs autrichien et espagnol.

Le public, très favorable : la paix, aceusait la cour de Vienne d'apporter des entraves à l'entente avec l'Angleterre et de souhaiter, dans son seul intérêt, ia continuation de la guerre. À l'appui de cette assertion, Starhemberg rapporte (1) la sortie d’une grande dame, amie intime de la duchesse de Gramont, à une époque critique des négociations : « Que ce serait un grand bonheur si les Autrichiens pouvaient en ce moment perdre deux bonnes batailles en Silésie, puisque ce serait le seul moyen de lever les obstacles que la cour de Vienne met à la conclusion de la paix. »

Quant à Choiseul, il lit à Stanley les lettres de Bussy, lui communique les instructions qu'il mande à Londres, se moque de son envoyé, rit de la frayeur que Pitt lui inspire. De son côté l'Anglais, malgré la réserve qu'il prétend avoir gardée, ne semble pas avoir été d’une discrétion parfaite. Lors d’un diner auquel il assistait à l'hôtel de la Trémoille, la duchesse porta un toast à la paix; Stanley s’y associa en vidant son verre et ajouta, en matière de plaisanterie, qu'il avait eu l'intention de porter le mème toast, à la réception du duc de Choiseul, mais en regardant ses voisins de table (Starhemberg et Grimaldi) « je m'étais demandé si je ferais plaisir à toute

1) Starhemberg à Kaunitz, 15 août 1761. Cité par Schaeler, vol. 2, p. 375

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