‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 280 sur 332 · RÉSERVES AUTRICHIENNES · texte numérisé non relu

RÉSERVES AUTRICHIENNES

Britannique s'engage à ce que les troupes hanovriennes, hessoises et brunswickoises et autres auxiliaires unies aux Hanovriens ne se joignent point aux troupes du roi de Prusse, de même que la France s’engagera à ne donner aucun secours d'aucune espèce à l'Impératrice-Reine ni à ses alliés.

« Ces deux conditions paraissent si naturelles et si justes par elles-mêmes que S. M. n'a pu qu'y acquiescer et qu’elle espère que le roi de la Grande-Bretagne voudra bien les adopter. » ‘

Il était impossible de revenir sur ie texte d'un document que Choiseul reconnaissait (1) avoir déjà montré à Stanlev, mais le contenu de cette pièce était loin de répondre aux exigences de la cour de Vienne ; aussi Starhemberg remit-il au cabinct français un mémoire (2) énumérant les clauses exigées pour l'acceptation du traité définitif. Au lieu des deux réserves de la note expédiée à Londres, le factum de Starhemberg en contenait six : la première visait l'assentiment de la Russie; la seconde renvoyait au congrès d'Augsbourg et excluaït des négociations en cours tout ce qui aurait trait à la guerre et à la paix avec le roi de Prusse. La troisième déclarait : « qu'en conséquence, il ne sera fait aucune stipulation ou arrangement préliminaire, concernant les pays conquis sur le roi de Prusse au nom de S. M. l’Impératrice-Reine ». La quatrième disait : « qu’en conformité de l'art. 13 du traité de 1758, il sera formellement stipulé que dans le cours de la présente guerre, les parties contractantes ne fourniront plus à leurs alliés, ni directement ni indirectement, aucune espèce de secours de quelque nature qu'il puisse être. Si cependant l'Angleterre refusait absolument, et invinciblement de souscrire entièrement à cette

(1) Starhemberg à Kaunitz, 16 juillet 1761. Archives de Vienne. (2) Mémoire remis par Starhemberg, Paris, 19 juillet 1761. Affaires Etrangères.

condition au point de rompre plutôt la négociation que de ne pas se réserver la liberté de continuer au roi de Prusse les subsides en argent, S. M. l’Impératrice-Reine par les motifs ci-dessus rapportés, consentira encore à la continuation du paiement des subsides, pourvu que le Roi d'Angleterre promette de ne fournir aucune autre espèce de secours au roi de Prusse; et que S. M. Très Chrétienne veuille s'engager non seulement à continuer pareillement àS. M. l’Impératrice-Reïne le subside ceurant, mais aussi à le parifier à celui que le roi d'Angleterre paiera au roi de Prusse ». Les 5° et 6° réserves avaient trait à la communication avant signature « d’un traité dont S. M. l'Impératrice-Reine ignore encore le contenu » et au retrait du consentement au cas où les négociations n’aboutiraient pas. Choiseul répondit (1) avec habileté à cette pièce embarrassante : 11 renouvelle sa plaidoirie sur la distinction entre les deux guerres; il analyse le fameux art. 13 de l'acte de décembre 1758, l'interprète à sa fa- ‘çon, proclame la loyauté du cabinet français qui avait tenu Starhemberg au courant de toute la conversation diplomatique avec l'Angleterre et prend au nom du Roi les engagements suivants : 1° 11 ne sera fait aucune mention de la guerre de S. M. l’Impératrice contre le Roi de Prusse dansle traité qui pourra être négocié avec l'Angleterre relativement à la guerre particulière avec cette couronne. 2° Le Roi ne peut pas promettre que le ministère anglais ne persistera pas à favoriser Les intérêts du roi de Prusse ; il a proposé des arrangements sur les pays conquis sur ce prince en Westphalie, mais ils ne seront définitifs qu'après examen et approbation de $S. M. l'Impératrice; 3° « le Roi fera tout ce qu'il pourra pour empêcher que S. M. Britannique ne donne aucune espèce de secours au roi de Prusse. Mais il faut distinguer les secours ». Si l'Angleterre per-

(1) Réponse à la note de Starhemberg, 28 juillet 1761.

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