MAUVAISE HUMEUR DE KAUNITZ
sistait à fournir des troupes à S. M. Prussienne, il y aurait à choisir entre deux partis : ou envoyer en Saxe une armée de force correspondante, ou subordonner la conelusion de la paix à une promesse du cabinet de Londres de ne mettre à la disposition des « ennemis des alliés de l’Impératric: aucunes troupes ni nationales ni subsidiaires ». Au gouvernement impérial, il appartiendrait d'opter entre les deux alternatives, Quant aux subsides, la France s'engagerait vis-à-vis de la cour de Vienne pour la même somme que l'Angleterre accorderait au roi de Prusse. #° Le comte de Starhemberg recevrait comme par le passé « comraunication de toutes les lettres et réponses reçues et envoyées à Londres ». Enfin Choiseul, comme conclusion, pose le dilemme ci-après. « Ainsi, ou la séparation des deux guerres, après La rupture de la négociation actuelle, n'aura plus lieu, et les avantages ou désavantages de toutes les puissances belligérantes seront mèlés, ce qui rendra toute la force à l’art. 13; ou bien, si l’Impératrice est d'accord que la séparation subsistera toujours, son consentememt pour la paix séparée doit subsister avec elle, » Le document français se terminait par les protestations habituellts d'amitié et de fidélité à l'alliance.
La réponse de Choiseul à la note de Starhemberg fut remise à Kaunitz (1) par le successeur du comte de Choïseul. Le nouveau ministre, le comte de Chatelet Lomont, était arrivé à Vienne le 2% juillet, après un intérim de deux mois, pendant lesquels les affaires de l’ambassade avaient été gérées par Sainte-Foy et Gérard, secrétaires des titulaires ancien et nouveau. Ainsi qu'il fallait s'y attendre, Kaunitz ne se rangea pas à l'argumentation du ministre de Louis XV; il critiqua la rédaction, trop polie selon lui, des dernières propositions faites à l'Angleterre; il accusa Stanley d'avoir beaucoup contribué à
(1) Chatelet à Choiseul, 5 août 1761.
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brouille: les cartes. Quant à l’art. 13, il ne pouvait admettre l'i t-rprétation de Choiseul : « I fallait s'en tenir au texte. C'est avant de faire un traité qu'il faut faire toutes ces réflexions et en peser toutes les conséquences, mais dès qu'il est signé et ratifié, il fait loi quand même il y aurait des stipulations qui seraient contraires à l'intérêt direct ou éloigné d'une des parties... L'Impératrice ne conviendra jamais que les engagements du Roi avec elle et vice versa ne soient relatifs qu’à la guerre d’Allemagne; l'alliance n'est pas bornée à cette guerre seulement; elle est faite pour s'étendre à tout le système des deux cours et pour s atirmer de plus en plus soit dans la continuation de la guerre, soit pendant la paix. » Pendant tout l'entretien, le chancelier se montra d'humeur massacrante. « Après le diner, raconte Chatelet, il est parti pour Schünbrün, sans dire mot à personne, et n’en est revenu que très tard. J'ai été exprès à la Comédie pour l'examiner; je l'ai trouvé aussi froid, aussi silencieux; il ne m'a pas été possible d’en tirer une seule parole; enfin, à 10 heures du soir, il est sorti à l'ordinaire de son cabinet, et après quelques moments fort courts de conversation générale, il m'a tiré à part avec un visage fort ouvert et la joie peinte dans les yeux, et m'a dit : « La réponse de l'Angleterre à vos propositions est arrivée, et M. le duc de Choiseul, qui n’en a encore communication que par les dépèches de M. de Bussy, a mandé à M. de Starhemberg qu’elle était indécente , insoutenable, insolente et inacceptable en tout point. » La satisfaction @e Kaunitz était fondée. Mais n'anticipons pas.
A partir du 20 juillet, date de la réception à Londres du courrier de Stanley, et avant la remise du mémoire sur les griefs espagnols, les événements prirent une tournure inquiétante pour les partisans de la paix. Le jour mème, Pitt envoya à Amherst, gouverneur des colonies de l'Amérique du Nord, l'ordre de rassembler le corps