INDIGNATION DE CHOISEUL
constamment à soutenir, à titre d’auxiliaire, son allié le roi de Prusse d'une facon efficace et de bonne foi, afin d'obtenir le grand bénéfice d’une pacification de l'Allemagne, toute liberté sera maintenue à la Grande-Bretagne et à la France de soutenir leurs alliés respectifs dans leur lutte particulière pour le recouvrement de la Silésie, dans la mesure des engagements pris par chaque couronne. » Les autres points avaient trait à l'échange de Minorque d’une part, de la Guadeloupe, Marie-Galante et Belle-lsle de l’autre, au partage égal des Antilles neutres; enfin au renvoi, # la décision des compagnies intéressées, de la délimitation de leurs possessions dans les Indes Orientales. La restitution des prises faites avant la déclaration de guerre était repoussée et la demande du port d'abri pour les bâtiments de pêche était passée sous silence, Cette omission, qui équivalait à un refus, et la persistance à réclamer l’éacuation immédiate de Wesel et des territoires prussiens furent les écueils sur lesquels la barque, d’ailleurs très fragile, des tentatives de paix allait sombrer.
Stanley (1) reçut la lettre et la note de Pitt le 28 juillet : le lendemain, après avoir échangé quelques mots avec Choiseul, il transmit ses premières impressions à Londres ; le ministre français paraissait bien résolu à continuer la guerre s’il n'obtenait pas satisfaction sur la question du port de refuge pour les pècheurs français: il ne céderait pas non plus à propos de l'Allemagne. « Jamais le cabinet francais ne se décidera à faire une déclaration qui les détachera de leurs alliés, tant qu'il ne sera pas sûr d’un accord sur son conflit particulier. Cela étant, j'ai beau discuter ces questions, pour obéir à mes instructions, mais quant à faire des progrès réels... je pourrai tout aussi bien pérorer sur un événement qui se passe au Japon. »
(1) Stanley à Pitt, 30 juillet, 6 août 1761. Record Office, Newcastle Papers.
568 LA GUERRE DE SEPT ANS, — CifAP. X.
de Pitt, ou plutôt de la traduction que Staniey en avait faite, souleva la colère de Choiseul. Comme son rival anglais à la lecture du mémoire sur les affaires espa- ‘ gnoles, Choiseul montra à chaque instant de l’impatience et s'interrompit à plusieurs reprises pour se plaindre avec chaleur du ‘on autoritaire de la lettre et du sentiment de supériorité dictatoriale qui semblait l'avoir inspirée. « À la lire, il paraîtrait que ni le temps ni les événements ne pourraient changer notre fortune et que nous voulions traiter la France en puissance dont le rans | et la dignité seraient inférieurs à ceux de la Grande- , | Bretagne. Quoique moins expert que vous en matière | de rédaction, ajouta-t-il, il aurai’ pu facilement trouver | des termes moins déplaisarts pour exprimer avec la
| . Comme il était facile de le prévoir, la lecture de la note } |
même précision les mêmes idées. Le fait que vous aviez chcisi la méthode opposée était une preuve évidente que personnellement vous n’aviez jamais eu l'intention réelle de signer la paix; du reste il s’en était douté dès le débui, ei on le lui avait souvent affirmé. » Les protestations de Staniey, qui affirmait les vues pacifiques de son patron, n'eurent pas grand succès. Il en fut de mème de l'appel érau que Choiseul adressa à l'Anglais pour arracher l’octroi d’:n port de refuge, corollaire indispensable du droit | | de pêche. Stanley répliqua que les instructions reçues etce qu’il savait des convictions du Roi et du ministre n'autorisaient aucun espoir d'obtenir, sur ce point, une concession quelconque. Choiseul mit fin à l'entretien en déclarant que « la France ne pourrait pas, sans laisser D souiller son honneur d’une tache ineffacable de perfidie, À accepter une paix qui donnerait toute liberté à l’armée ë
du prince Ferdinand de courir sus à l’Impératrice Reine », ‘1 mais qu'i: ne s’opposeraitni aux secours financiers, ni à un 5 arrangement dout Îes conséquences seraient égales pour x. les deux auxiliaires, Tel n'était pas le cas, puisque d’après À