‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 287 sur 332 · CHOISEUL ABANDONNE TOUT ESPOPZX DE LA PAIX · texte numérisé non relu

CHOISEUL ABANDONNE TOUT ESPOPZX DE LA PAIX

les prétentions anglaises, il ne serait pas loisible aux troupes françaises d'arriver sur le théâtre probable de ia guerre. La longue lettre de Stanley finit par un expose de la mentalité qu’il prête à Louis XV : « S'il reste encore une lueur d'espoir que la France d'ici à quelque temps se soumette aux demandes de l'Angleterre, je me base pour le dire uniquement sur les dispositions du Roi. Je suis convaincu que les propositions actuelles de paix prennent leur point de départ dans son initiative perscunelle et dans ses sentiments intimes et que son antipathie pour la guerre dépasse celle de ses ministres et celle de la plupart de ses sujets; si je suis bien informé, il est très peiné de la tournure que notre négociation a prise en dernier lieu. »

Il y à cout lieu ae croire que l'Anglais se faisait illusion sur la pensée de Louis XV, que Choiseul avait dû mettre en avant pour les besoins de sa cause. Le fond et la forme de la note anglaise, le renvoi presque brutal du mémoire sur les griefs de l'Espagne, durent infliger à l’amourpropre du monarque une blessure égale à celle dont avait souifert la fierté de son ministre. À partir de ce moment, ce dernier semble avoir :. oncé à tout espoir d'entente avec l’Angleterre. Le soir mème de sa conversation avec l'envoyé anglais, Choiseul mettait Starhemberg (1) au courant de la réponse de Pitt : « Elle est aussi insultente pour votre cour et pour l'Espagne que pour le Roï; je n'ai jamais rien vu d'aussi insultant... Je dissimulerai vis-à-vis du ministre anglais jusqu'à ce que je sois parfaitement instruit des intentions de l'Espagne. » Il s'exprime (2) à peu près dans des termes identiques avec l’ambassadeur français en Suède : « Je reçois dans le moment

(1) Choiseul à Starhemberg, 29 juillet 1761. Billet cité par Arneth, VI, p. 473.

(2) Choiseul à Havrincour, 30 juillet 1761. Dépêche interceptée. Newcastle Papers,

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les réponses d'Angleterre, elles sont de nature que le Roi s’est déterminé à les refuser absolument. Elles pèchent premièrement par la forme et par le fond. Les prétentions d'Angleterre sont insoutenables, et S. M. s'est déterminée à continuer la guerre. Mais comme il est lnportant de cacher encore un mois cette résolution à la cour de Londres, nous entretiendrons encore quelques semaines la négociation avant de la rompre. Vous voudrez bien confier cette résolution à M. de Eckeblate, en lui disant que c'est pour lui seul. »

La probabilité de la rupture des pourparlers avec l’Angleterre entrainait nécessairement la conclusion de ceux qui avaient été entamés avec l'Espagne. A la suite de la réunion du conseil où on avait examiné l’uläimatum anglais, Choiseul remit à l'ambassadeur Grimaldi, avec prière de le transmettre à son maitre, un mémoire (1) sur l'état de la négociation avec la cour de Londres : Dans l'intérêt de ses sujets, le Roi « se serait prêté au sacrifice des points qui intéressent uniquement les territoires de sa puissance, tels que les articles relatifs aux Indes, à l'Afrique et même à Dunkerque si les propositions anglaises avaient été dénuées de ce ton impérieux, inadmissible dans tous les cas, pour la couronne de France, mais il y a trois points auxquels le Roi ne pourra jamais acquiescer : Le, premier intéresse les deux couronnes de France et d'Espagne ; le Roï sans l’aveu du roi son cousin, ne conviendra pas avec l'Angleterre de l’assertion contenue dans la lettre de M. Pitt qui dit : qu'en aucun temps, on n'entend pas que la France ait droit de se mêler des discussions de l'Espagne avec l'Angleterre. Tant que l'Espasne l’approuvera, la France aura ce droit sans qu'au. ine puissance de l'univers puisse l’en empêcher...

« Le second point qui intéresse l'honneur du Roi est

(1) Mémoire de Choiseui adressé à Grimaldi, juillet 1761 (probablement 30). Affaires Etrangères.

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