‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 29 sur 332 · DESCRIPTION DU CHAMP DE BATAILLE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU CHAMP DE BATAILLE

qui parcourt les environs de Liegnitz est celle d'une plaine presque unie, distribuée en cultures de céréales, coupée de bois, semée de villages, chacun entouré d’une ceinture de jardins et de vergers. C’est en vain que l'œil cherche à distinguer la position sur laquelle bivouaqua l’armée prussienne dans la nuit du 1% août 1760. Cependant, au fur et à mesure que l'explorateur s'éloigne du Schwarz- Wasser, franchi en sortant de Liegnitz, et qu'il dépasse les maisons de Pfaffendorf, il se rend compte d’une légère montée qui aboutit à une lisière de boïs. Ces bois traversés, il débouche dans une large clairière bordée de trois côtés par la forêt; un seul côté est ouvert : c’est celui qui dévale vers la route de Pfaffendorf à Panten. Au miheu des champs de la clairière se détachent une série de buttes à faible relief, la plupart revêtues ou couronnées de bocquetaux. Sur l’une d'elles un monument commémoratif a été élevé; une autre, aujourd'hui cachée par les bois de Panten Forst, porte le nom de Rehberg; elle fut pendant la bataille l'emplacement d’une batterie prussienne. De la butte du monument et de celles qui l’avoisinent, la vue est étendue; elle permet de deviner, au rideau d’arbres qui le dessine, le cours de la Katzbach coulant paresseusement à un niveau de 25 mètres au-dessous du spectateur. Au delà de la rivière, les villages de Beckern et de Kanitz et le pays plat qui s’allonge vers le sud ;

derrière, devant et du côté opposé à la Katzbach, la forêt de Briese et son prolongement le Panten Forst; à

petite distance de notre point de vue et un peu en contre-

bas, le hameau de Panten. Les plantations beaucoup

plus importantes qu’en 1760 font saillie jusqu'aux abords

de Panten et nous masquent les villages de Bienowitz et

de Pohlschildern, éloignés le premier de 2 1/2 kilomè-

tres, le second de 5 kilomètres. Ces trois localités sont

situées sur la rive gauche de la Katzbach, assez rap-

prochées du cours d'eau et à peu près à la même alti-

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tude. Entre Panten et Bienowitz, un vallonnement prononcé péaètre dans le bois, remonte dans la direction de Schünborn et contourne le plateau supérieur. A l’époque de la bataille, la contrée moins régulièrement boisée, semée d’arbrisseaux ct de flaques d’eau, étaiten général à l’état de lande marécageuse ; aujourd'hui encore la dépression entre Panten et Bienowitz est imparfaitement drainée.

Les hauteurs de Pfaffendorf, si l’on peut appliquer ce terme à des renflements peu considérables, dominent la jonction de la Katzbach avec son affluent le Schwarz- Wasser et constituent une sorte de promontoire entre les lits de ces deux rivières. Malgré la faiblesse de leurs débits, ces cours d’eau, en raison des cordons d'arbres qui les frangent et du caractère bourbeux de leurs bords, opposent à l’assaillant un obstacle sérieux. En résumé, ct en dépit de son relief médiocre, la position choisie par le Roi, appuyée à la forêt, protégée par la nature du terrain d'approche et flanquée par le Schwarz-Wasser, présentait des avantages incontestables tant au point de vue de l'observation des mouvements de l'ennemi qu'à celui de la défense contre une attaque.

Vers # heures de l'après-midi, le 14 août, le Roi, qui avait parcouru la contrée que nous venons de décrire, prenait quelques instants de repos dans son logement situé dans un faubourg de Liegnitz, quand on le réveilla pour lui amener un déserteur autrichien qui prétendait apporter des renseignements de haute valeur. C’étaitunlIrlandais, du nom de Wyse (1) qui avait été officier de dragons dans l’armée autrichienne, et qui, malgré son renvoi pour mauvaise conduite, avait été conservé dans l'entourage des généraux impériaux ; il était ivre et criait très fort: A force d’ablutions et d'absorption de tasses de thé, on lui

(1) Le traitre fut recommandé au prince Ferdinand par le Roi et par

Mitchell. Ce dernier dans une lettre du 6 septembre dit « qu’il nous a été d’une très grande uiilité ».

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