‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 293 sur 332 · DERNIER ULTIMATUM ANGLAIS · texte numérisé non relu

DERNIER ULTIMATUM ANGLAIS

portée du golfe, qui puisse servir d'abri aux Français et conserver à la France la liberté de la pêche dont S. M. n’a pas l'intention de se départir ». En outre, la cour de Versailles avait offert « de négocier sur l’état de Dunkerque lorsque l'on sera convenu du port dans le golfe Saint-Laurent ou à portée du golfe ». L’entente pouvait donc être considérée comme acruise sur ce point capital.

Il en était de même du Sénégal et de Gorée, dont l’abandon avait été consenti par Chciseul, sauf à se mettre d’accord sur l'attribution à la France d’un comptoir sur la côte occidentale d'Afrique pour faciliter la traite des nègres. La réponse contenait une phrase signifiant l’acquiescement du cabinet britannique à la prise en considération de cette demande.

D'après le premier ultimatum anglais, Belleisle devait être échangée contre Minorque; la cour de France avait repoussé cette clause et avait maintenu à chaque couronne sa conquête; par contre, elle avait offert l'évacuation de l'Allemagne contre la restitution de la Guadeloupe et de Marie-Galante, La dernière note de Londres réunissait les compensaticns territoriales dans un seul article qui stipulait, la restitution de Belleisle et des Antilles d’une part, de Minorque de l’autre.

Sur la question des conquêtes françaises en Allemagne, le désaccord restait grave. Choiseul, on se le rappelle, avait été obligé de revenir sur la concession trop légèrement accordée dans la note qu'il avait dictée à Stanley. Aussi le 7° erticlede l'ultimatum français du 10 août excluait-il des territoires à évacuer « Wesel, Gueldres et autres pays en Westphalie appartenant au roi de Prusse qui sont actuellement possédés par l'Irnpératrice et où la Justice se rend au nom de S. M. Imp. Le Roi ne peut pas, avec toutes les apparences de la logique, stipuler qu'il cédera les conquètes de son alliée et pareille évacua-

tion de droit n: de fait ne peut avoir lieu que du consentement de l’Impératrice-Reine au congrès d’Augsbourg ».

Dans ses conversations avec l’envoyé de la cour de Versailles, Pitt avait essayé de réfuter le raisonnement français; dans la réponse écrite, il se borna à maintenir la condition primitivement posée de iévacuation complète.

La même divergence se retrouve à propos de l'exécution des engagements pris par les puissances contractantes vis-à-vis de leurs alliés respectifs. Choiseul avait formulé une solution qui Ini paraissait équitable : « Le Roi, du consentement de ses alliés, veui bien stipuler qu'il ne fournira aucun secours dans aucun genre à ses alliés, pour la continuation de leur guerre contre le roi de Prusse; mais S. M. ne peut ni ne veut prendre cet engagement qu'autant que S. M. Britannique en prendra un pareil relativement au roi de Prusse, Tout ce qui pourrait être négocié sur ces points serait La liberté de fournir des secours en argent aux alliés réciproques. » La réponse du cabinet de Saint-James revendiquait le droit de « secourir son allié le roi de Prusse avec efficace et bonne foi », rappelait que les subsides devaient être limités aux arrangements déjà en vigueur et ajoutait « que S. M. n'a ni intention, ni la faculté de se charger d'interdire et d'inhiber à aucunes troup's d'entrer au service et à la solde du roi de Prusse, quelque disposée que S. M. pourrait être à consentir de ne fournir qu’en subsides seulement les secours, que la Grinde-Bretagne jugera convenable, conformément à secs engagements, d’accoraer à S. M. Prussienne ». C'était dire qu’on n’entendait pas envoyer directement des troupes au roi de Prusse, mais qu'on n’empêcherait pas les princes allemands de mettre leurs contingents à la solde prussienne.

Au fond, le cabinet de Londres désirait, tout autani que celui de Versailles, restreindre à un concours financier

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