‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 295 sur 332 · STANLEY SUR LA SITUATION LE CHOISEUL · texte numérisé non relu

STANLEY SUR LA SITUATION LE CHOISEUL

pèche dans le golfe et du port d’abri, que de mettre la France dans son tort au cas où elle repousserait des conditions de paix aussi favorables. J'emploie le mot repousser, car nou ne laisserons plus à la France le pouvoir d’équivoquer. S. M. est bien décidée aujourd'hui. » Si la cour de France n'acceptait pas les principaux points de l’ultimatum anglais : la cession pleine et entière du Canada et des iles du golfe, l’arrangement pour la pèche et le port d’abri, la limitation de la Louisiane, la restitution sans exception des conquêtes françaises en Allemagne et la clause relative aux secours à fournir aux alliés après la paix, Stanley, sans attendre de nouvelles indications, avait ordre de rentrer sans prendre congé. « Dès votre première conférence, lui mandait Pitt, vous ferez comprendre au duc de Choïiseul que ce dernier ordre fait partie de vos instructions, mais vous vous y prendrez d'une facon assez détournée et assez indirecte, pour ne pas entraver par le moindre signe de menace, la complète réussite de notre suprême tentative. »

Pendant que la discussion suivait son cours à Lordres, Stanley remplit (1) sa correspondance avec Pitt de détails sur iles affaires intérieures de la France, sur les difficultés que Choiseul avait à surmonter, sur l'influence grandissante des ambassadeurs d'Autriche et d'Espagne opposés tous les deux au rapprochement avec l'Angleterre, sur l'appui qu'ils rencontraient auprès de la Pompadour, enfin sur les démèélés de cette dernière avec Choiseul à propos du conflit entre Broglie et Soubise. Stanley, qui savait la marquise dévouée à la cause autrichienne et en rapports suivis avec Starhemberg, n'avait pas cherché à nouer des relations avec elle et s'était borné à une visite de politesse ; cette réserve lui avait été inspirée par les conseils du ministre et de sa sœur. Comment se terminerait

(1) Stanley à Pitt, 20 et 22 août 1761. Record Office.

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la lutte engagée entre celui-ci et la favorite ? Si Choiseul succombait, il serait sûrement remplacé par un partisan de l'Autriche, adversaire de la paix avec la Grande-Bretagne. Quant à Choiseul, « maints propos tenus dans l’intimité illustraient ses véritables sentiments au sujet de l'alliance avec l’Impératrice Reine, et démontraient son désir sincère de traiter avec la cour de Londres... Il est certain que l'état précaire de nos négociations lui fait du tort; les objections de Starhemberg et de Grimaldi se trouvent confirmées et leur crédit croit en proportion que baisse celui de l’initiateur des négociations avec l'Angleterre, c’est-à-dire le sien. Je suis donc amené à me demander si l'introduction des affaires espagnoles a été un acte volontaire de la part du duc de Choiseul ; peut-être a-t-il été forcé par les exigences de sa position actuelle à prendre un parti que, d’après moi, lui personnellement n'aurait pas pris avant votre lettre du 26 juin (1). Quand il à vu diminuer les chances d’une réconciliation avec l'Angleterre, il s'est peut-être vu dans l'impossibilité d'agir autrement. Cela expliquerait aussi ses grandes préoccupations quand il , abordé avec moi la question des compensations et son désir de garder le secret vis-à-vis des ministres, des alliés et mème vis-à-vis de M. de Bussy ». Cet exposé démontre l'attachement de Stanley pour la personne du duc et la valeur qu’il accordait à ses déclarations.

L'ultimatum anglais, dont nous avons donné l'analyse plus haut, fut remis à Choiseul par Stanley le 1°" septembre. Dès le soir, il y eut une première conférence (2) suivie, le lendemain, d’une seconde (3) qui dura six heures et d'une troisième qui se passa le #. Dans sa dépêche du 6 (4), l’'envoyé anglais rend compte des trois séances

(1) Réponse de Pitt aux conditions dictées par Choiseul à Stanley. (2) Stanley à Pitt, 2 septembre 1761. Record Office.

(3) 1bid., 4 septembre 1761. Record Office.

(4) Ibid., 6 septembre 1761. Record Office,

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