‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 298 sur 332 · DERNIER MÉMOIRE DE LA COUR DE VERSAILLES · texte numérisé non relu

DERNIER MÉMOIRE DE LA COUR DE VERSAILLES

en disant au duc de Choiseul qu'il était chargé de conférer avec lui sur la réponse de sa cour, et qu'il prenait ad referendum la déclaration que le duc de Choiseul lui avait faite, la veille, sur l'Espagne. »

Le mémoire conclut sur ce point en expliquant que les pourparlers eussent été arrêtés « sur une réponse aussi peu satisfaisante », sans la crainte de voir mal interpréter le refus de continuer les négociations propres à la France, si on rompait « uniquement sur les affaires d’Espagne ». Il est inutile d'insister sur les différences entre ce récit et celui du diplomate anglais; elles sont d’ailleurs de peu d'importance, puisqu'elles n'affectent en aucune façon le dénouement.

La réplique (1) que Choiseul remit à Stanley et qu'il expédia à Bussy était surtout une plaidoirie destinée à prouver la sincérité, la loyauté de la France et à rejeter sur l'Angleterre la responsabilité d’une rupture jugée inévitable ; elle reproduisait les résultats tant négatifs qu'’affirmatifs de la discussion verbale avec le plénipotentiaire anglais. La position prise à propos de l'évacuation de l'Allemagne et de la réglementation des secours aux alliés n'avait pas subi de modification; par contre il n’était pas fait mention des plaintes espagnoles. Cette omission pour laquelle l’autorisation de l'ambassadeur de S. M. Catholique avait été obtenue, confirme, ce nous semble, l'exactitude du rapport de Stanley.

Voici en quels termes Grimaldi (2) rend compte des raisons qui l'avaient déterminé à accéder au désir exprimé par le cabinet de Versailles : « Choiseul a envoyé à Bussy sa réponse au mémoire anglais. V. E. verra qu'ici ils abandonnent tout; ils ne restent fermes qu’en ce qui regarde leurs alliés; il s'ensuit que le système du ministère est

(1) Mémoire de la France, 9 septembre 1761. Affaires Étrangères. (2) Grimaldi à Fuentes, 13 septembre 1761. Dépêche interceptée. Chatham Papers.

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de nous rester fidèle, Choiseul m'a demande s'il devait répéter dans cette dernière pièce que l'arrangement de nos affaires était une condition sine qua non. I me semble que notre objectif doit être de ne pas laisser la France faire la paix, sans que nous y soyons compris; mais cn même temps, nous devons éviter, si cela est possible, que ce sont nos difficultés avec l'Angleterre qui ont empêché la paix. En conséquence j'ai répondu à Choiseul qu'il n'était pas nécessaire de parler de l'Espagne dans le mésaoire et qu'il suffirait de confirmer à Bussy l'ordre ‘iu 10 août de ne rien signer sans l’arrangement simultané des litiges espagnols, conformément au traité entre les deux couronnes qui est déjà ratifié. Cho: seul m'a écrit de sa main qu'il s'était conformé à cette suggestion, »

Par le courrier du 9 septembre, Bussy (1) reçut, avec le dernier mémoire français, ses instructions pour l’attitude à garder vis-à-vis de la cour de Saint-James : « Je vous adresse, Monsieur, un mémoire qui sc"vira de réponse à celle d'Angleterre. Vous le remettrez de la part du Roi au ministère britannique, en déclarant à M, Pitt que si ce mémoire n'était pas agréé parS. M. Britannique, le Roi verrait avec un sensible déplaisir que le moment heureux de rétablir la paix et l'union entre les deux nations n’est pas arrivé; que S. M. se console du retardement de ce bonheur, en considérant les sacrifices qu’elle était déterminée à faire pour y parvenir... Après avoir fait cette déclaration à M. Pitt, vous lui direz que votre séjour devenart désormais inutile à Londres, et vos affaires vous obligeant de revenir en France, vous le priez de vous donner un passeport, et que vous serez toujours prêt à retourner en Angleterre dès que S. M. Britannique jugera que vous pourrez y être utile au bien de la paix. »

(1) Choiseul à Bussy, 9 septembre 1761. Affaires Étrangères.

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