‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 302 sur 332 · FRÉDÉRIC SE FÉLICITE DE LA RUPTURE · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC SE FÉLICITE DE LA RUPTURE

suivant à la lettre et en laissant espérer de la part de la France plus de concessions qu'il n’en pouvait obtenir. Bussy ne joua dans l'affaire qu’un rôle effacé; intimidé par Pitt, influencé par Fuentes, il ne crut jamais à une solution et desservit, inconsciemment, la cause de la paix. Choiseul commit deux fautes graves : cédant sans doute au désir d’en finir, il fit, au sujet de Wesel et des possessions prussiennes, une offre qu'il savait irréalisable, et fournit ainsi à son adversaire une arme dont celui-ci usa sans merci; en second lieu, quoique dûment averti, il ne se rendit pas compte de l'effet que produirait sur le cabinet anglais l’immixtion de la France dans le litige espagnol.

Au cours de notre récit, nous n'avons fait que de courtes allusions au roi de Prusse ; dans les négociations, Frédéric se tint presque toujours au second plan. Sa correspondance avec ses envoyés à la cour de Saint-James nous le montre, au début, ardent avocat de l'entente, très soucieux d’un armistice qui s'étendrait au continent, convaincu de la possibilité d’un prompt arrangement entre la France et l'Angleterre, seul moyen, selon lui, de mettre fin à la guerre d'Allemagne, enfin, plein de confiance dans la fermeté de Pitt. Les pourparlers entamés, ses soupçons se réveillent, il n’est qu’à demi rassuré par les protestations qu’on lui transmet de Londres, il se figure (1) les négociateurs anglais enclins à sacrifier les desiderata de la Prusse à ceux de l'Angleterre. La lenteur de discussions qui durent plusieurs mois sans aboutir augmente son inquiétude ; c'est avec un véritable sculagement qu’il apprend le conflit soulevé à propos des griefs espagnols et des réserves autrichiennes. Il s'indigne (2)

(1) Frédéric à Knyphausen et Michel, 3 et 10 juillet 1761. Corresp. Polil., XX, p. 506 et 520.

(2) Frédéric à Knyphausen et Michel, Strehlen, 7 août 1761. Corr. Pol., XX, p. 591.

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