‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 303 sur 332 · NÉ D · texte numérisé non relu

NÉ D

pre

RE

Bret

des « mauvaises procédures » de la cour de Versailles; il ne sait « assez admirer ni applaudir la fermeté avec laquelle les ministres anglais se sont conduits dans cette occasion, et la façon noble et énergique avec laguelle ils ont répondu aux Français » ; ilest « véritablement touché et pénétré des témoignages éclatants qu'ils m'ont donné dans cette conjoncture de leur bonne foi et de leur sincérité ». Frédéric était encore en Silésie quand il fut informé de la rupture que ses correspondants de Londres attribuaient à « l’inconstquence » de Choiseul; il félicite (1) le ministère britannique de sa « résolution tout à fait digne de sa prudence et de sä fermeté ». Cependant il prévoit que les pourparlers seront repris sous une forme secrète et il ordonne à ses envoyés de veiller à ce que ses intérêts ne soient pas délaissés et à obtenir du cabinet de Londres l'engagement d'exiger la restitution des territoires prussiens occupés par la France avant de mettre cette puissance en possession « de quelques iles ou de quelques conquêtes » qui lui seraient rendues. En résumé, le roi de Prusse restait acquis à la paix; il la souhaitait même avec ardeur, mais il en subordonnaït la conclusion au principe immuable qu’elle ne lui coùterait pas un pouce de ses territoires.

A notre avis, c'est bien à Pitt qu'incombe la responsabilité de l'échec. Comme conditions de paix, il était bien déterminé à n’accorder que celles qui imposent au vaincu la loi du vainqueur. Humilier la France, ruiner son commerce, lui enlever ses colonies, et détruire sa marine, il n’eut pas d'autre but et ne le cacha pas. Il fit ajourner les concessions qui, accordées dès le début, eussent assuré la signature des préliminaires, les combattit avec énergie, et quand elles lui furent arrachées par

(1) Frédéric à Knyphausen et Michel, Strehlen, 10 octobre 1761. Corr. Pol., XXI p. 1€.

Page 1