‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 310 sur 332 · MISE EN DEMEURE ADRESSÉE A L'ESPAGNE · texte numérisé non relu

MISE EN DEMEURE ADRESSÉE A L'ESPAGNE

dres et de lui demander si cette démarche considérée comme injurieuse avail été faite de l’aveu et avec le consentement de S. M. Catholique. Quant aux trois points soulevés, son gouvernement refusait tout autre recours que celui des tribunaux anglais sur la question des prises, et repoussait d’une façon absolue « les surannées-et inadmissibles prétentions des habitants de Biscaye et de Guipuzcoa de pècher sur les côtes de Terre-Neuve »; au contraire, il se déclarait prêt à rechercher, sous la réserve que la France n'interviendrait pas au débat, pour le trafic des bois de campêche, une solution équitable pour les deux couronnes. Enfin, l'ambassadeur solliciterait des explications amicales sur les armements importants qui se préparaient dans les arsenaux espagnols. La mise en demeure formulée par Pitt ne parvint à Ségovie, où Bristol avait suivi la cour, que vers le 10 août. Comme nous l’avons dit, Wall avait pris les devants; quelques jours avant l’arrivée du courrier d'Angleterre, il avait fait savoir à Bristol (1) que le roi son maitre, las de l’insuccès des efforts tentés pour obtenir satisfaction de la cour de Londres, avait fini par accepter les offres répétées de la France d'appuyer les demandes espagnoles et de les comprendre dans les négociations entamées en vue de la paix. Aussi quand l’ambassadeur communiqua au ministre espagnol le contenu de la dépèche de Pitt, devait-il s'attendre à la réponse qui lui fut faite. Il eut avec Wall cinq conférences dont il adressa le résumé à son chef (2) : Le ministre du roi Carlos était au courant de l'incident de Londres; il reconnaissait que le texte du mémoire était bien mot pour mot celui qui avait été rédigé après entente des deux cours, assurait « que leur intention. en se prêtant à cette proposition, était entièrement exempte de tout dessein de re-

(1) Bristol à Pitt, 6 août 1761. Record Office. (2) Bristol à Pitt, Ségovie, 31 août 1761. Papiers sur la rupture.

tarder la paix et tout à fait éloignée de la moindre idée offensante pour S. M., quoiqu'il parût que cette démarche avait produit des effets tout différents ». Il enregistrait avec plaisir les intentions conciliantes de l'Angleterre à l'égard de l'Espagne, admettait que cette puissance ; fût « maitresse de rejeter toute proposition qui venait du ministère de France », mais maintenait pour le roi d’Espagne le droit de « communiquer toutes les mesures qu’il croyait utiles à ses intérêts, au Roi Très Chrétien, l'ami, l’allié et le proche parent de S. M. Catholique ». C'est dans cet esprit qu'il avait accueilli l'offre spontanée de la France « d’unir ses forces avec celles de l'Espagne, pour ne. prévenir toute invasion des Anglais sur les territoires de À S. M. Catholique en Amérique ». A l'interrogation sur les armements, Wall répondit que les vingt vaisseaux Ÿ de ligne en état de naviguer suffisaient à peine aux besoins courants et que l'Espagne, loin de songer à une agression, n'entretenait que des sentiments d'amitié pour

mers

DRE à

la Grande-Bretagne. En ce qui a trait aux griefs qui : constituaient le fond du débat, il est superflu d’ajouter d

qu'on avait argumenté longuement de partet d'autre, sans À faire un pas vers une solution.

Le courrier de Bristol qui emportait la copie des notes : échangées avec Wall, arriva à Londres le 11 septembre ; e son contenu provoqua une crise ministérielle ou tout au moins en fut le prétexte. Le cabinet se réunit le 15 septembre et se prononça, comme nous l'avons vu, à l’unanimité pour le rappel de Stanley et la clôture des négociations pacifiques avec la France; rien ne fut décidé . à l'égard de l'Espagne. Le 18, nouveau conseil; Pitt présenta en son non et au nom de son beau-frère Temple une résolution (1) concluant à la déclaration de guerre à l'Espagne. Les signataires de cette pièce qui avait été

(1) Déclaration de Pitt et Temple, 18 septembre 1761. Newcastle Papers. #4

Page 1