BRISTOL PRÉSENTE SON ULTIMATUM
diées de Londres le 19 novembre (1). Le lendemain il eut une longue conférence avec Wall : après des préliminaires verbeux et avec force précautions oratoires, l'Anglais aborda le sujet délicat des explications à exigor au sujet du traité avec la France; de part et d'autre la conversation fut courtoise, presque cordiale, et à la requête du ministre espagnol, les développements de l'ambassadeur furent résumés dans une note destinée à S. M. Catholique. Le 8, nouvelle entrevue : Wall retenu par un mal à la jambe n'avait pas pu consulter verbalement son maitre, Dans un billet laconique le Roi, tout en se déclarant très sensible au langage conciliant du ministère britannique que l’envoyé avait reproduit, s'en tenait pour la réponse sollicitée au contenu d’une dépêche (2) adressée à Fuentes, dont une copie avait été remise antérieurement à Bristol. L'extrait de la dépêche visée relatif au traité n'était rien moins qu'explicite : « Votre Excellence, avait écrit Wall, sait combien il serait aisé au Roi de faire une réponse directe, mais sa propre dignité l'en empêche, par la considération que cette demande est faite comme une condition compulsive pour entamer une négociation avec l'Espagne sur les différends qu'on avoue avoir subsisté si longtemps. »
En présence de la fin de non-recevoir qui lui était opposée, Bristol se crut obligé de produire son ultimatum dont il n'avait pas encore fait mention. Empruntons à son récit la fin de l'entretien : « J'avais ordre de déclarer à S. E., dit-il à Wall, que ma cour s'attendait à avoir une réponse catégorique aux questions suivantes : Si le roi Catholique avait intention de se joindre aux Français
(1) Bristol à Egremont, 7, 9 et 11 décembre 1761. Ces dépêches ne furent expédiées que le 26 décembre et ne parvinrent à Londres que le 9 janvier 1762, — Papiers relatifs à la rupture.
(2) Wall à Fuentes, fin novembre 1761, communiquée à Bristol, 3 décembre. Papiers relatifs à la rupture.
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