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nos ennemis, ou se proposait d'agir hostilement? ou s’il voulait de quelque manière se départir de la neutralité? J'ajoutai que le refus de l'Espagne de consentir à donner cette satisfaction serait censé une agression de la part de la cour de Madrid et une déclaration de guerre. Je ne saurais décrire la surprise qu'exprima M. Wall en entendant ceci. Il proféra seulement ces mots : « Que doit-il suivre? Vous avez donc ordre de vous retirer d'ici? » Je lui dis qu’il pouvait aisément concevoir ce qui s’ensuivrait, si l'Espagne ne désavouait pas toute intention de prendre part avec nos ennemis déclarés, car j'avais ordre de signifier qu'un tel refus ne serait envisagé par S. M., sans aucun autre point de vue, que comme une déclaration absolue de guerre. II me dit que la réponse catégorique, qu’il m'était ordonné de demander, était une telle attaque de la dignité du roi Catholique, qu'il lui était impossible de donner aucun avis à son souverain sur un sujet aussi délicat. »
Wall, après avoir écouté en silence un dernier appel à la conciliation que lui adress”. son interlocuteur, termina la séance en priant celui-ci ac reproduire par éerit le texte de l'ultimatum formulé. Bristol s’exécuta, laissa l'écrit entre les mains du nunistre espagnol, et prit congé. La réponse de la cour de Madrid ne se fit pas attendre ; elle était datée du 10 décembre et ne contenait que quelques mots : La demande anglaise était considérée comme l’équivalent d'une déclaration de guerre. « V. E. peut songer à se retirer quand, et de la manière qu'il vous conviendra, ce qui est la seule réponse que, sans vous retenir, S. M. m'a ordonné de vous faire. » À ce congé un peu sec était joint un biilet de la main de Wall témoignant de son estime et de son respect pour la personne de l’ambassadeur. Malgré es facilités promises pour le voyage, Bristol ne put quitter Madrid que le 17 décembre; on lui refusa des chevaux de poste, et on ne lui permit pas d’ex-
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"il b pédier un courrier spécial. Ce ne fut qu’à son arrivée à R* il hu? Elvas, en Portugal, le 26 décembre, qu'il put envoyer à k ‘à 1 Londres le récit de ses entrevues avec Wall et les copies LA la 4 des notes échangées. à 0e à | En réalité, le roi Charles avait pris son parti depuis } en 4 longtemps et n'avait retardé l'ouverture des hostilités que f ( ue Pa pour des raisons financières et militaires. Avant d'agir, | ‘4 P» +1 il désirait placer en lieu sûr les espèces et le trésor que | 1 LR lui apportaient les vaisseaux attendus à Cadix et il voulait ii a avoir le temps de mettre ses forteresses d'Amérique à a | is À l'abri d’un coup de main des Anglais. Wall, pendant M ge 4 longtemps adversaire d'une politique qui lui avait été en 1 ne quelque sorte imposée, ne demandait pas mieux que de { | ne seconder les vues prudentes de son souverain. ni | Fe Par suite des entraves apportées au départ de Bristol, 14 ait les détails de la rupture furent communiqués à la cour de is eu Londres par Fuentes qui remit à Egremont la demande de À 1 ses passeports accompagnée d'un mémoire justificatif ré- 14: Là digé à Madrid et destiné à la publicité. Une lettre de UN na Wall à Grimaldi relate le subterfuge auquel avait eu nl te recours le roi Catholique pour expliquer une attitude {l ri que la cour de Londres aurait pu qualifier avec raison 4 Li d’équivoque : « I] sera facile à V. E.. écrit Wall (1), et au 4 Le ministère de Versailles de reconnaitre dans quel esprit iii res ont été dictés les termes du mémoire aue l’on ordonne au | lé- comte de Fuentes de donner et de publier, et il est heu- I ait reux que l'on puisse assurer, sans risque, qu'il n'existe [LA juil point d'autre traité que le pacte de famille signé le LL us L 1% août, puisque nous sommes convenus de postdater la \} 18 $ convention, de sorte qu'elle paraisse avoir été faite après ail ni # la rupture de la négociation des Français et des Anglais. » #1 m- F Wall fait valoir l'avantage de la manœuvre qui rejette pa Fe dans l'ombre « le traité d'union pour la guerre » etégare | ui à 1 ” J (1} Wall à Grimaldi, 8 décembre 1761. Affaires Etrangères. F | GUERRE DE SEPT ANS, — T. IV. 40 4 f { 1 A «
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l'opinion anglaise. Celle-ci fera retomber sur le ministère anglais et particulièrement le ministère Pitt, « son ressentiment de ce que par un soupçon mal fondé, il nous à forcés de devenir ses ennemis... Si nous eussions nié absolument qu'il y eût un traité, et que nous nous fussions engagés dans la guerre, on en aurait tiré cette conséquente que, quoique nous eussions gardé le silence sur le traité, il existait néanmoïns, puisque nous ne nous serions pas exposés, sans avoir pris nos mesures auparavant, et cela ferait triompher l'avis que Pitt a donné dans le conseil, que puisque au fond l'Espagne était déterminée à faire la guerre à l’Angleterre, il fallait l’en empècher ». Wall conelut ainsi : « D’un autre côté, pour venger la grandeur du Roi offensée par la démarche du mylord Bristol, il parait que la manière la plus noble et la plus fière est de lui refuser la réponse en lui signifiant de sortir de la cour, et en ordonnant la même chose au comte de Fuentes, et de rendre public ensuite de son propre mouvement, ce que l’on n’a pas voulu dire lorsque l’on en a été requis avec arrogance et menace. Le Roi désire que ce plan soit approuvé du roi son cousin et de son ministère. »
Le mémoire présenté par Fuentes (1) porte la date du 25 décembre; il se plaint des procédés britanniques, « de la facon insultante avec laquelle les affaires de l'Espagne ont été traitées pendant le r inistère de M. Pitt... du ton fier et impérieux avec lequel on lui a demandé le contenu du traité. Si on avait ménagé le respect dû à la Majesté royale, on en aurait eu des éclaircissements sans aucune difficulté. Les ministres d'Espagne auraient pu dire franchement à ceux d'Angleterre ce que le comte de Fuentes, par un ordre exprès du Roi, déclare publiquement, sa-
Note remise par Fuentes à Égre 25 décembre 1761. Papiers sur li (1) Note remise par Fuentes à Egremont, 25 décembre 1761. Papiers sur la rupture.
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