APPRÉCIATIONS DE MONTAZET SUR LES GÉNÉRAUX AUTRICHIENS
ce est aussi erronée que les deux premières. À # heures du i- matin, quand l'affaire débuta, Daun et Lascy étaient encore aux prises avec les difficultés du passage de la Katzbach ] et touvnaient le dos au champ de bataille; à 6 heures, la alors que les troupes de Laudon étaient en pleine retraite [e- | et la bataille perdue, le gros de l'armée autrichienne gi- n'avait pas encore atteint les faubourgs de Liegnitz et un était beaucoup trop éloigné pour prêter un secours qui la n'eût plus été efficace. Les torts de Daun sont assezévidents ens l pour qu'on ne le charge pas de fautes qu'il n'a pas que commises.
qui Sans doute le rapide avancement de Laudon avait fait ide des jaloux, Montazet le constate, mais malgré la liberté rie, avec laquelle il s'exprime sur le compte de Daun, jamais ine il ne lui attribue de mauvais sentiments à l'égard de son che lieutenant. Son appréciation (1) sur l’état-major impérial du et sur les responsabilités de Liegnitz est à citer : « JL faut elle trancher le mot, Monsieur, ma conscience m'oblige à dire aise ‘4 qu'il n'est pas possible que cette armée manœuvre avec en succès vis-à-vis l'ennemi que nous avons. Les talents de ces M. le Maréchal Daun ne sont point ceux qu’il faudrait dans au- des circonstances semblables ; il n’est aidé d’ailleurs par de personne, car MM. de Lascy et de Laudon ne sont occupés byés que de leur affaire particulière... 11 n'y a d’ailleurs dans betif cette armée aucun général dont M. le maréchal Daun fasse les cas ; il n'a donc pour toute ressource que son état-major pé- dont M. de Chiskovitz est le chef, à qui je serais au dé- Roi sespoir de faire tort, mais qui véritablement n'entend rien bée, au grand de la besogne; il a par-dessus cela un caractère au- aussi froid que timide. Jugez de la nature des délibérations tre entre M. le Maréchal et lui, aussi vous voyez ce qui en réque sulte.. Je dois vous avertir d’ailleurs, Monsieur, qu'il n'y tait a nulle harmonie dans cette armée. La jalousie y règne,
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(1) Montazet à Choiseul, Conradswalde, 98 août 1760. Affaires Étrangères.
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M. le Maréchal a beaucoun d'ennemis; M. de Lascy en a beaucoup aussi; M. de Laudon en a bien quelques-uns, mème de la première trempe; et voilà ce qu'ont produit les exaltations outrées de la cour de Vienne en sa faveur. La vérité est qu'il s’est, je crois, un peu trop aventuré, et que nous n'avons rien fait pour le tirer d'affaire. Il eût été même très difficile à M. le Maréchal de le secourir parce que son combat commença avant que nous n’eussions passé la Katzbach et que nous étions éloignés de lui d’un mille. Le tort que nous avons eu est de ne l’avoir pas fait avertir de la confusion qu’il y eut dans notre mouvement pendant la nuit, qui retarda notre arrivée au rendez-vous donné de plus de quatre grandes heures. Une autre chose qu’il peut nous reprocher avec justice est de lui avoir pris 8 bataillons et 2 rébiments de cavalerie, dont nous aurions pu très bien nous passer, et qui lui auraient été très utiles. »
Que les sentiments intimes de Marie-Thérèse à l'égard de Laudon aient été modifiés par la lecture des rapports sur la journée du 15 août, cela est probable; toujoursest-il qu’au lendemain de la bataille, sa défaite lui valut, de la part de la princesse et de son chancelier, des témoignages de confiance qui n'auraient pas été déplacés à l’occasion d’un succès éclatant. L'Impératrice-Reine écrivit au général malheureux une lettre où elle le félicitait de sa conduite, et complimentait les officiers et soldats sur la bravoure qu'ils avaient déployée. Du cas qu'il faisait de sa valeur militaire, le cabinet de Vienne donra une preuve tangible : dans le projet d'opérations élaboré peu de jours après la nouvelle de la bataille de Liegnitz, c'ést Laudon que Marie-Thérèse désigna (1) pour commander les 40.000 Autrichiens qui, de concert avec 20.000 Russes, devaient couvrir le siège prévu de Glogau.
(1) Cabinets Schreiben an Daun, Vienne, 22 août 1769. Archives de Vienne.
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