‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 36 sur 332 · D. MANOEUVRES DE FRÉDÉRIC ET DE DAUN EN SILÉSIE. — EX · texte numérisé non relu

D. MANOEUVRES DE FRÉDÉRIC ET DE DAUN EN SILÉSIE. — EX

! PÉDITION DES RUSSES ET DE LASCY SUR BERLIN. — CAPI- TULATION ET OCCUPATION DE BERLIN. — SIÈGE DE COL- BERG. — RETOUR DES RUSSES DERRIÈRE LA VISTULE. — CAMPAGNE DES SUÉDOIS.

1 Le roi de Prusse s'était installé à Ncumarut après sa vic- «4 toire; il y resta jusqu'au 19 août, «x. de faire reposer ses soldats qui marchaient ou se battaient presque sans interruption depuis leur départ de Saxe. Ce fut de ce camp qu'il adressa au marquis d’Argens un billet intime qui tomba entre les mains de l'ennemi et qui fitaussitôt le tour des cours d'Europe. L'écrivain royal a conscience des obstacles qui, malgré son succès récent, se dressaient devant lui et ne cache pas le découragement qu'il éprouvait parfois en dépit de sonintrépidité morale : « Autrefois, mon cher marquis (1), l'affaire du 15 aurait décidé de la campagne; à présent, cette action n'est qu'une égratignure. Il faut une grande L. bataille pour fixer notre sort; nous la donnerons suivant toutes les apparences bientôt, et alors on pourra se réjouir si l'événement nous est avantageux... Jamais je n'ai été de ma vie dans une situation plus scabreuse que cette

4 (1) Frédéric à d’Argens, 27 août 1766. Correspondance de Montalembert, ‘ IL, p. 278.

campagne-ci ; croyez qu'il faut encore du miraculeux pour nous faire surmonter toutes les difficultés que je prévois; je ferai sûrement mon devoir dans l’occasion, mais souvenez-vous toujours, moncher marquis, que je ne dispose pas de la fortune et que je suis obligé d'admettre trop de casue] dansmes projets, faute d’avoir les moyens d’en former de plus solides; ce sont les travaux d'Hercule que je dois finir dans un âge où la force m'abandonne et où mes infirmités augmentent et à vrai dire, quand l'espérance, seule consolation des malheureux, commence à me manquer..….. Je mène ici la vie d'un chartreux militaire, j'ai beaucoup à penser à mes affaires : le reste du temps je le donne aux lettres, Je ne sais si je survivrai à cette guerre; mais je suis ; ‘en résolu, en cas que cela arrive, de passer le resie de mes jours dans la retraite au sein de la philosophie et de l'amitié. »

Pendant œue Frédéric se préparait à un nouvel eflort contre l'armce autrichienne, celle-ci s'était retirée vers Striegau et formait un cordon entre cette ville et la forteresse de Schweïidnitz, dont elle paraissait vouloir entreprendre le sièse. Le parcours des environs de Liegnitz au quartier général de Conradswalde, distant de 15 kilomètres de Schweidnitz, avait été accompli avec une hâte qu'on ne s'explique pas : « Nous venons de marcher vingt-quatre heures de suite, écrit Montazet (1), pour prendre cette position; tout le monde est sur les dents; et j'avoue que depuis que je fais la guerre, je n'ai point vu de campagne aussi rude. » De son camp, Daun avait expédié à Vienne le général Pellegrini avec son rapport et une demande d'instructions fraiches. Elles portent la date du 22 (2), mais ne seraient arrivées au maréchal que le 26, car c'est seulement dans sa dépêche du 27 que Montazet en parle. L'Impératrice n’'enten-

(1) Montazet à Choiseul, Conradswalde, 17 août 1760. Affaires étrangères. (2) Cabinets Schreiben an Daun, Vienne, *2 août 1760. Archives de Vienne.

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