NOUVEAUX PROJETS DE COOPERATION DES RUSSES
dait pas renoncer à la coopération avec les Russes, projet qui avait reçu un commencement de réalisation avant la désastreuse bataille du 15. Deux expédientss’offraient pour le reprendre : le premier consisterait à proposer à Soltikoff, avec tous les ménagements désirables, de se charger du siège de Glogau pour lequel l'artillerie nécessaire serait fournie par l'Autriche; l'opération serait couverte par un corps mixte de #0.000 Autrichiens et de 20.000 Russes sous les ordres de Laudon. Daun, par des démonstrations sur Breslau, détournerait l'attention des Prussiens et les obligerait à diviser leurs forcee. Au cas où les Russes refuseraient de participer à cette entreprise, on se rabattrait sur le siège de Schweïdnitz dont le principal avantage serait d'amener la bataille que le Roi ne manquerait pas de livrer pour secourir la ville et sur les effets de laquelle, si elle était beureuse, on fondait de grandes espérances, Consulté par l'Impératricesurles deuxalternatives, Montazet(1) vépoudit par un mémoire où il démontrait que la réussite, possible dans l’un ou l’autre cas, serait subordonnée aux agissements des alliés. Mais « pour huit raisons différentes dont la plus forte est l'expérience des dernières campagnes », il ne croyait guère à l'action commune. D'après lui, on n'avait le choix qu'entre deux partis : « Se livrer tout entier aux Russes et faire dépendre d’eux entièrement le succès de la campagne », ou « les prier de s'éloigner de nous le plus tôt qu'ils pourront et d'aller vers Francfort, Custrin et Berlin même s'ils le peuvent ».
Pendant qu'on discutait à Vienne et dans le camp autrichien sur les moyens d'assurer le concours des Russes, ceux-ci, malgré les efforts des attachés étrangers pour les retenir, s écartaient de plus en plus du point de contact. Le 16 août, il est vrai, Plunkett avait obtenu de Soltikoff un sursis des préparatifs déjà faits pour le départ : « Je
1) Montazet au comte de Choiseul, Conradswalde, 28 août 1760. Affaires Etrangères.
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fus assez heureux, écrit-il à Daun (1), pour engager le maréchal à ne pas s'éloigner le jour 16 et même, sur l’arrivée des officiers dépèchés par le prince de Lüwenstein, j'aiengagé le maréchal à donner ses ordres pour le rétablissement du pont. Les pontons furent à l'eau quand un nouveau rapport vint de l’arrivée de l’armée prussienne à Neumarkt; là-dessus, le travail futarrêté, et la résolution fut prise de s'éloigner encore un peu pour prendre la position où noussommesactuellement à cinq milles de l’Oder; lignorance entière où j'étais de la position de V. E. m'ôtait les moyens de m'opposer à ces démarches. » Cependant sur l'avis qu'on songeait à repasser la Bartsch et à gagner Militsch, l’attaché autrichien prit sur lui de soumettre à Soltikoff un mémoire dont :! -nvoya copie à Daun : « Ne pouvant pas arrêter le t "eu, dit-il, je croyais bien faire à le divertir. » Le projet de Plunkett, appuyé par Montalembert (2), consistait à faire agir les Russes sur le bas Oder où le prince Henri serait obligé de les suivre : « N'ayant pas pu tirer parti de cette armée selon le premier plan des opérations, il faut tâächer d’en tirer parti pour une diversion d’un côté qui donnera une jalousie naturelle à l'ennemi commun et où cettearmée peut subsister assez de temps pour faciliter à V. E, les opérations qu'elle voudra entreprendre; cette diversion ne peut être que sur le bas Oder, et voilà, Monseigneur, ce qui m'a déterminé à proposer sans attendre vos ordres, la manœuvre en question. »
Malheureusement, cette conception fort raisonnable ne cadrait pas avec les instructions de la cour de Vienne. Un incident fàcheux, la maladie de Soltikoff, vint augmenter l’incohérence dans les relations déjà si difficiles à entretenir entre les alliés. « Une grosse fièvre, continue Plun-
(1) Plunkett à Daun, Caynove, ?{ août 1760. Archives de Vienne. (Les dépèches de Plunkett sont #x français).
(2) Montalembert au camte de Choiseul Kä&ñuru, ‘© 40: 1760, Correspondance de Montngianert, vol. LH, p. 2ut. Linlree 1777.