LE PRINCE HENRI QUITTE L'ARMEE
r 1 rales influèrent beaucoup sur sa résolution. Malgré le ton r 4 généralement affectueux d’une part, respectueux de l'auk, É, tre, qui règne dans la correspondance des deux frères, il Ve 4 est facile de deviner le peu de sympathie quiexistait entre Le L eux. Fier à bon droit de ses talents militaires, Henri supil 4 portait mal des critiques qu'il ne croyait pas fondées, se le 4 plaignait de recevoir des ordres contradictoires ou in- | li- E suffisamment précisés, dont l'éloignement ou les incidents de Ê journaliers de la guerre rendaient l'exécution difficile | [a 1 sinon impossible. | L er 5 Plus froid, plus méthodique que le Roi, il reprochait à K nie 4 ce dernier la témérité de ses entreprises ; opposé à la Il et ; continuation d’une guerre qu'il n'avait jamais approuvée, } | ire É. il n'épargnait pas à son frère des appréciations qui n'éhal x taient pas pour plaire à un esprit aussi absolu que Frées ; Ë déric. Peut-être dans la division de son armée et dans bre 4 la suppression de son commandement, Henri vit-il un e le } blâme de sa stratégie contre les Russes. Sans doute, la sais 2. | promptitude avec laquelle il s'était porté au secours de LS 4 Breslau lui avait valu des éloges mérités, mais depuis ade F l'arrivée du Roi en Silésie, son rôle s'était borné à celui if à À d'un observateur inactif et il n’avait rien fait pour faciliter de ; sa jonction avec l’armée royale ni pour empêcher celle que 4 des Russes et des Autrichiens qui avait été si près de s’acnes E complir. Il est vrai que le Roi ne lui avait adressé aucune tait ; semonce à ce sujet.
Lci= Mitchell, quiconnaissait bien son monde, s'était naguère our pu: félicité (1) de savoir le prince Henri affecté à une mission L | our * indépendante : « Je dois avouer que je ne désire pas voir | xte “4 les deux frères servir dans la même armée ; ma raison est (| \ suis D qu'il ne peut pas y avoir deux soleils dans le mème fir- | dé 1 mament. » Pendant l'automne de 1760, l’envoyé britan- ! no- 3 nique eut l’occasion de voir fréquemment le prince et de |
(1) Mitchell à Holdernesse, Friedberg, 20 avril 1760, Wélchell Papers. GUERRE DE
SEPT ANS, r. IV. 6
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recevoir ses confidences (1) : « Je me suis bientôt aperçu que le défaut de santé n'était que le prétexte de sa retraite. Le motif réel a été qu'il en voulait à son frère, le Roi, de lui avoir enlevé de fait son commandement: à cette occasion, il s'était rappelé ce qui lui était arrivé l'année dernière avant l'affaire de Maxen; de ce précédent, il avait tiré la conclusion que puisqu'il ne pouvait être utile dans l’armée à laquelle se trouvait S. M. Prussienne, il était bien décidé à ne jamais servir sous ses ordres. Il ajoutait que le sentiment de son devoir à l'égard de son pays dans la triste situation actuelle, était la seule considération qui l'eût déterminé à accepter, même pendant cette campagne, la direction d’une armée isolée, car dès le début il avait prévu que l’incompatibilité d'humeur de son frère lui attirerait une disgrâce du même genre, » Après avoir essayé en vain de ramener le prince à de meilleurs sentiments, Mitchell conclut avec philosophie : « Jai vu bientôt que la jalousie et l'ambition ont plus d'action sur l'esprit des militaires que la raison et l'intérêt,
Pendant que le prince Henri se retirait sous sa tente à Breslau, la dislocation de son armée s’accomplit. Tandis que Goltz, avec sa division, se dirigeait sur Glogau où il arriva, le 29 août, sans autre aventure qu’une affaire d’arrière-garde avec Tottleben qui lui coûta 200 hommes, la plupart prisonniers, Forcade, avec 26 bataillons et 40 escadrons, alla renforcer le Koï qu'il rejoignit, également le 29, au quartier général de Hermansdorf.
Grâce à la venue de ces troupes, Frédéric se trouvait à la tête de 59 bataillons et 114 escadrons, soit environ 50.000 combattants, et d’une formidable artillerie de 248 canons, y compris les pièces des régiments. IL s'agissait pour lui de lever le blocus de Schweidnitz et de chasser les Autrichiens de la Silésie. La tâche n’était pas facile, car en outre
(1) Mitchell à Holdernesse, Glogau, 10 novembre 1760. Wilchell Papers.