‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 46 sur 332 · ATTAQUE DE BERLIN · texte numérisé non relu

ATTAQUE DE BERLIN

canonnade peu efficace, Tandis que Tottleben, sur la rive gauche, se préparait à attaquer la porte de Halle, on lui signala l'approche d'une colonne d'infanterie; c'étaient deux bataillons prussiens appartenant au corps de Hülsen qui arrivaient de Potsdam. D'autre part, les têtes de colonnes de Lascy étaient en vue; il y eut même une rencontre de cavalerie à laquelle quelques escadrons autrichiens prirentpart, mais les alliés ne purent empêcher les régiments de Hülsen de pénétrer en ville.

Grâce à ce renfort, les défenseurs de Berli, comptaient 26 bataillons et #1 escaarons; soit un effectif de 16 à 17.000 hommes à opposer aux 34.000 Austro-Russes dont Tottleben, Czernitchew, Panin et Lascy allaient disposer. La journée du 8 se passa en conciliabules dans les deux camps : Wurtemberg était partisan d’une sortie générale pour le 9. Lascy qui, à son tour, #vait fait sommer inutilement la ville la veille au soir, voulut se concert:" avec Tottleben pour l'assav! Au quartier situé sur la rive gauche de la Sprée. A son grand étonnement, le Russe lui répondit qu’il venait d'être rappelé par Czernitchew et qu'il allait passer la Sprée. « J'ai su depuis, rapporte Lasey (1), que ce dernier {Tottleben) avait depuis longtemps les ordres de repasser la Sprée à mon approche, tellement que sa lettre n'était qu'une grimace de sa part pour cacher le dessous des cartes. Enfin, tous ces flux et reflux d'officiers dépêchés l’un sur l’autre ne fit que me jeter successivement dans une plus grande incertitude sur ce que j'avais à faire. » Czernitchew était aussi embarrassé que son collègue autrichien. En bon Russe qu'il était, il n'osait pas compter sur le concours de Lascy,et malgré la venue de Panin avec ses troupes de renfort, il se croyait trop faible pour emporter la ville défendue par un ennemi dont il s’exagérait beaucoup le nombre. Il consulta ses

(1) Lascy à l'Empereur, près de Berlin, 9 octobre 1760. Arch. Vienne.

avis, si la chaude intervention de Montalembert (1) n'eût | pas entrainé les voix et fait revenir Czernitchew à des | sentiments plus énergiques. On décida donc une attaque générale et cembinée pour le lendemain 9 octobre. Dans l1È son rapport du même Jour, Lascy ne parle pas de cette | | | entente et se borne à affirmer qu'il était résolu à marcher 16 seul « si les Russes ne voulaient pas coopérer ». Les Prussiens se chargèrent de mettre leurs adversaires d’accord en les dispensant de l'assaut. Malgré ses velléités belliqueuses, le prince de Wurtemberg avait su, lui aussi, recours à un conseil de guerre dans lequel on fut unanime à déclarer que la résistance était inutile et exposerai‘ la capitale à de grands maïheurs; en conséquence, les corps actifs évacueraient la ville, laissant au commandant FE | Rocho”w le soin de négocier la reddition au mieux des || intérêts de la population. | Cette décision était inopportune, car la discorde la plus absolue régnait dans le camp des alliés. Voici en quels (1 termes Lascy relate sa part dans l'occupation de Berlin : | « Ceite même nuit, un trompette arrivé à Tottleben a | demandé à capituler et la proposition a été acceptée à | |

deux brigadiers qui probablement eussent été de son |

l'insu du général Czernitchew et moi. Cependant, comme le général Brentano m'a fait avertir ce matin avant le jour qu. l'ennemi se retirait, fe lui ai d’abord donné les ordres d'aller avec les grenadiers occuper les hauteurs près de la ville, et un moment apres, j'y suis accouru moi-même et ai encore trouvé des piquets prussiens aux portes ; mais dès que les Russes ont vu approcher nos grenadiers, leurs hussards et dragons se sont mis à courir pour gagner les premiers les portes et s’en mettre en possession. J'ai, néanmoins, fait occuper aussitôt la vorte de Halle par

(1) Montalembert au comte de Choiseul, Berlin, 10 octobre 1760. Correspondance, IE, p. 305.

me mais ers, saon.

par

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