‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 55 sur 332 · FRÉDÉRIC MARCHE SUR WITTENBERG · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC MARCHE SUR WITTENBERG

traite, mais aussitôt débarrassés de Hülsen commencérent le siège de Wittenberg. L'opération (1) traina en longueur, car il fallut tirer les munitions de Dresde; néanmoins, les batteries ouvrirent le feu le 12 octobre, incendièrent une partie de la ville et firent sauter la poudre”ie. Après une vigoureuse résistance, le général Salenmon dut capituler avec sa garnison de 3 bataillons et de #00 convalescents. Entre temps, Leipzig ayant été évacué, toute la Saxe avait été recouvrée et pouvait être restituée à son maitre légitime. Ce succès devait être aussi éphémère qu'il avait été important.

Permettons, pour un moment, au duc de Deux-Ponts de se reposer sur ses lauriers et reprenons le récit des mouvements de Frédéric et de Daun que nous avons vus partir des montagnes de la Silésie et que nous avons laissés, le premier marchant au secours de Berlin, le second en route pour la Lusace. Le 10 octobre, Frédéric effectua sa jonction avec Goltz qu'il avait, à la suite d'ordres contradictoires, définitivement rappelé à lui. L'armée royale se trouvait ainsi forte de 68 bataillons et 1#3 escadrons pouvant fournir un peu plus de 50.000 combattants. Le 1%, elle avait atteint Guben près du confluent de la Neisse et de l'Oder; on y apprit l'évacuation de Berlin par les Austro- Russes. La première pensée du Roi fut de les poursuivre, mais les uns et les autres avaient trop d'avance; après quelques heures d’hésitation dues au manque de renseignements ou aux fausses informations, il semble avoir pris son parti. De Lubben, où il séjourna depuis le 17 jusqu'au 20 octobre, il lança ses instructions; Goltz fut renvoyé en Silésie avec 14.000 hommes pour tenir tête à Laudon; Hülsen et le prince de Wurtemberg, dont les divisions élaient réunies depuis les événements de Berlin, reçurent l'ordre de gagner Magdebourg, d'y franchir l'Elbe et de

(1) Marainville à Choiseul, près Witlenberg, 12 octobre 1760. Affaires Etrangères.

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se rallier à l’armée royale, Stülterheim au contraire retourna s'opposer aux Suédois.

Quant aux Russes, le Roi n’en tint pas compte, persuadé que leur rôle était terminé pour la campagne actuell, ; « à présent que je me trouve débarrassé des Russes, écrit-il (1) au prince Ferdinand, je ne vous demanderai plus aucun secours pour la Saxe »; il se fâche contre le gouverneur de Custrin (2) qui se croit menacé d’un siège et rassure le prince de Bevern (3) qui se préoccupe d’un coup de main sur Stettin. Dans une lettre à Finckenstein (#4), datée du lendemain de son départ de Lubben, il expose ses projets etles motifs ai les ont dictés : « Mon affaire la plus principale à présent ici sera de passer l’Elbe, ce qui je pense ne sera pas difficile pour y réussir. Ensuite, je serai obligé de mener mes opérations à une affaire décisive, ce qui sera absolument nécessaire par la raison que si nous trainons la guerre... le pain nous manquera l'hiver qui vient et dans une campagne future nos affaires seraient plus empirées que jusqu'ici. En second lieu, je n'ai que deux saisons pour agir offensivement, savoir le commencement du printemps et l’arrière-saison, où je me vois débarrassé d’une partie de mes ennemis; que, si le bonheur me favorise et que je gagne une bien bonne bataille, je pourrai peut-être redresser toutes nos affaires en Saxe et mème en Silésie et inspirer des sentiments pacifiques à la reine de Hongrie. »

En exécution de son concept, Frédéric arriva, le 23, à Wittenberg qu'il trouva à moitié détruit et évacué par

(1) Frédéric à Ferdinand, Trajuhn, 23 octobre 1760. Correspondance Politique, XX, p. 26.

(2) Eichel à Finckenstein, Jonitz, 26 octobre, 1760. Correspondance Politique, XX, p. 33.

(3) Eichel à Finckenstein, Kemberg, 28 octobre 1760. Correspondance Politique, XX, p. 40.

(4) Frédéric à Finckenstein, Dahme, 21 octobre 1760. Correspondance Politique, XX, p. 25.

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