‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 57 sur 332 · RETRAITE DE DEUX-PONTS ET DU DUC DE WURTEMBERG · texte numérisé non relu

RETRAITE DE DEUX-PONTS ET DU DUC DE WURTEMBERG

celle de M. le duc de Wurtemberg qui viennent de choisir leur champ de bataille sous Leipzig, et qui n'ont pas voulu tirer un coup de fusil pour défendre la Sala et l'Elbe. »

Quant aux Wurtembergeois, les choses se passèrent à peu près de même : « M. le duc de Wurtemberg dont l'armée est à Halle, vint ici hier (le 25) de sa personne pour s’aboucher avec M. le maréchal Daun; et c’est pendant le diner qu'il arriva un courrier à M. le duc de Wurtemberg pour l’avertir que les ennemis avaient passé la Sala au-dessous de Bernebourg. Trois heures après, il en arriva un second pour lui dire que le corps de ses troupes légères placé à Kothen, avait été obligé de se reployer jusques à Lobégin qui n'est qu'à une petite lieue de Halle. Cela parut d'autant plus extraordinaire à nos deux généraux qu'ils étaient persuadés que l'ennemi n'avait point encore dépassé Magdebourg. M. le duc de Wurtemberg partit tout de suite en assurant M. l& maréchal Daun qu'il prêterait le collet à l'ennemi, pourvu qu'il ne fût pas plus fort que lui, 2t que, dans le cas où il serait forcé de quitter ia position de Halle, il se reploierait sur Leipzig où il tiendrait bon. »

La nouvelle du passage de la Saale était prématurée ; ce fut seulement le 26 que Frédéric franchit la rivière sur un pont qu'il avait jeté à Rosslau; il y fit sa jonction avec les corps de Hülsen et du prince de Wurtemberg venus de Magdebourg, il yreçut également les convois qui lui avaient été expédiés de cette forteresse et se porta à Kemberg le 28. Zieten, qui était resté pour surveiller les mouvements de Deux-Ponts, rallia dans cette localité et l'armée royale se trouva ainsi rassemblée : elle comptait 68 bataillons et 140 escadrons, soit environ le même effectif que lors de la marche au secours de Berlin.

En vue de se rapprocher de Deux-Ponts, Daun était allé à Eïlenburg le 27 octobre, mais quand il eut connaissance

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de la retraite du général de l'empire sur Leipzig il revint aux environs de Torgau dont ilne bougea plus. Entre temps, Frédéric qui ignorait encore la reculade des Impériaux et des Wurtembergeois manœuvrait pour empêcher leur jonction avec les Autrichiens. Il se porta à Düben sur la Mulde, força le passage malgré la résistance de quelques pandours, puis remonta cette rivière dans la direction d’Eilenburg. Très mal informé par son service de renseignements, il croyait (1) rencontrer la grande armée de Daun sur le chemin de Leipzig et celle des Cercles à Bitterfeld. En route, il apprit que cette dernière s'était retirée à Leipzig et détacha à sa poursuite le général Linden avec une division de 7.000 hommes. A l'approche des Prussi2ns, les Impériaux de Kleefeld évacuèreut la ville et rejoignirent leur gros qui déjà se hâtait de se réfugier à Chemnitz. Les Wurtembergeois avaient déjà abandonné la partie et étaient en train de gagner Naumbourg et leurs quartiers d'hiver. Linden laissa une garnison de deux bataillons à Leipzig et rallia le Roi près d’Eilenburg. Par l'entremise de ses Croates, qui étaient des éclaireurs de premier ordre, Daun était beaucoup plus au courant des mouvements de son adversaire, car Montazet (2), dès le 30 octobre, rapporte la présence de Frédéric sur les hauteurs d'Eilenburg : « Par conséquent, notre communicstion est coupée avec l’armée de l’Empire et Leipzig au voi de Prusse. » De la séparation, Deux- Ponts ou tout au moins l’attaché militaire Marainville (3) qui reflétait la pensée de son général, chercha à faire peser la responsabilité sur le maréchal qui avait permis à l'ennemi d'occuper Eilenburg et qui, par son retour

(1) Eichel à Finckenstein, Düben, 29, 30 octobre 1760. Corr. Polit., XX, 41, 42.

(2) Montazet à Choiseul, Cletchen, 30 octobre 1760. Affaires Étrangères.

(3) Marainville à Choiseul, Wechselburg, 2 novembre 1760. Affaires Étrangères.

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