‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 6 sur 332 · DISPOSITIONS DÉFENSIVES DE FOUQUE · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS DÉFENSIVES DE FOUQUE

qué avait fait creuser une nouvelle tranchée pour protéger sa gauche. De ce point jusqu'aux -retranchements de Blasdorf, la position prussienne avait une circonférence de plus de 7 kilomètres.

A la défense, Fouqué pouvait affecter 15 bataillons, 15 escadrons et 68 canons, soit des forces dont l'effectif n’atteignait pas 11.000 hommes ; au lieu de les concentrer sur les points les plus essentiels, 1l les éparpilla sur toute la longueur. À l'extrême droite, les quatre tranchées de la colline de Blasdorf furent occupées par les irréguliers de Le Noble et Collignon, soutenus par quelques piquets de volontaires. Le Hahnberg, le Galgenberg et le Hirschberg recurent une garnison de 5 bataillons avec un 6° et 2 escadrons en réserve. Dans des retranchements qui s'allongeaient du Rabenberg au Leuschnerberg, furent postés 6 bataillons; enfin, dans un faubourg de Landshut, sur la rive gauche du Bober, ur bataillon d’irréguliers. La cavalerie était formée dans la plaine de Reich-Hennersdorf ou servait de lien entre les deux ailes, près du village de Nieder-Zieder. Des avant-postes, fournis par des détachements empruntés aux bataillons dits libres (1) ou irréguliers, couvraient le front de bataille.

Laudon d’abord s'était attendu à une retraite que justifiait la supériorité autrichienne; quand il se rendit compte de l'intention de Fouqué d'attendre l'attaque de pied ferme, il prit ses dispositions pour entourer les Prussiens et Les forcer à mettre bas les armes.

Il avait réuni, sur le terrain de la lutte, des forces que les écrivains militaires ont évaluées à des chiffres variant de 26 à 42.000 hommes. D’après l’Autrichien Cogniazzo, qui fut présent à la bataille, la proportion des combattants aurait été de #0 à 15 pour l'infanterie, de 70 à 15 pour la cavalerie en faveur de Laudon, calcul qui

(1) Ces Frei-Batuillonne correspondaient aux troupes légères de l'armée française ou aux Croates des Autrichiens.

donnerait à ce dernier 28.000 fantassins et 7.000 cavaliers. Pour son entreprise, le général autrichien distribua son monde en quatre colonnes; les trois premières, fortes de 24 bataillons, avaient pour mission d'enlever la partie des ouvrages comprise entre le ruisseau du Zieder et le Leuschnerberg, défendue par la gauche de Fouqué; la quatrième, conduite par Wolfersdorf, était chargée d’une fausse attaque contre la droite prussienne. La cavalerie devait appuyer son infanterie et couper la retraite à l'ennemi; un détachement mixte accomplirait la même besogne sur l’autre rive du Bober.

Fouqué, qui ne pouvait se faire illusion sur les proiets de Laudon, fut informé, par des déserteurs, de l’assaut imminent qui se préparait. Il n’en tint aucun compte et poussa l’obéissance passive aux ordres relatifs au maintien des lignes de Landshut, jusqu’à l’envoi, dans la soirée du 22 juin, d’une centaine de chariots, sous escorte, pour chercher à Bolkenhayn et Schweïidnitz le pain qui allait lui faire défaut. Le 21, il avait averti le Roi 1) de la position dangereuse dans laquelle il se trouvait : « En front, j'ai les corps de Geisrugg et de Jahnus; des deux côtés, ceux de Wolfersdorf et de Nauendorf, qui recoivent tous les jours des renforts du corps de Laudon. Je me tiens ici ferme et comme cloué à la place, je ne pourrai me retirer parce que l'ennemi est si près de moi que nous échangeons des coups de fusil. La communication avec Schweidnitzetle général Zieten sur le Zeiskenberg est coupée. Jusqu’à la fin du mois, je seraicouvert en pain et en fourrage. Dans cette situation, j'essaierai de tenir jusqu’à l’extréraité et d'attendre une diversion de Votre Majesté royale. » Pendant les cinq jours que prenaient les courriers pour se rendre des bords de l’Elbe au camp de Fouqué, le Roi, revenu à de meilleurs sentiments à l'égard de son vieux ser-

(1) Fouqué à Frédéric, 21 juin 1760. Schüning, vol. IE.

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