RESPONSABILITÉ DE LASCY
à Il est difficile d’absoudre Lascy d'une lourde respono- i sabilité dans la perte de la bataille. Son corps, qui était se | fort pour le moins de 15.000 hommes, ne prit qu'une Le, 1 faible part à l'action; sa cavalerie se borna à des déte ; monstrations et son infanterie se contenta de monter la ui 4 garde sur les approches de Torgau et sur la ligne de ur L retraite qu'à partir de # heures personne ne menaçait ar : plus. Zieten put détacher de son corps une brigade, ite à puis deux et en fin de compte affecter toute son infanterie 1a- 1 à l'attaque du plateau de Süptitz, sans que Lascy s’en n- ; émût et sans qu’il songeât à s'opposer à cette entreprise te. 1 ou à renforcer le point attaqué. Cependant, il était en oi- 4 contact avec l'armée de Daun, il recut même de vive ré, voix les recommandations du généralissime à un moment an- où il était encore possible de ravir la victoire. S'il eût la 4 mis autant de célérité à envoyer ou à conduire ses baété L taillons au secours des défenseurs du sommet de Süptitz ou- 4 que Zieten en déploya, à la fin de la journée, pour apdes 1 puyer la brigade de Soldern, la bataille eût eu peutite : être une issue tout autre. Si, de Lascy, nous passons aux jor 1 généraux en chef, nous sommes d’accord avec les criell, J tiques les plus éminents pour qualifier la division de us, 4 l'armée prussienne en deux corps séparés de conception nes LI risquée et pouvant entrainer des suites fâcheuses. Si qui Frédéric l’adopta, c'est que, connaissant son adverte saire, il était convaincu qu'il pourrait accomplir son lie | mouvement tournant sans être troublé et en recueillir ête les avantages sans courir grand danger. Sur le terrain ait : même, le roi de Prusse commit la faute capitale d’enca- 4 gager le combat sans le scutien de l'artillerie, sans hl 4 l'appui de réserves et en l'absence de la cavalerie dont
l'intervention opportune avait presque toujours été la É cause déterminante de ses victoires. IL dut le succès au hasard de la fortune, à l'initiative de ses officiers et 4 surtout à la ténacité et à l'endurance de ses soldats.
Quant à Daun qui montra du coup d'œil et de l'énergie
pendant l’action, il est étrange qu'il n'ait pas pris, pour
les hauteurs de Süptitz, les précautions dont il avait été
si prodigue pendant la campagne. Pourquoi n'eut-il
pas recours aux retranchements, aux fortifications de
campagne qui eussent facilité la défense et procuré à
ses troupes un abri partiel contre le feu de l’artil-
lerie ennemie? Comment put-il négliger la réparation,
dans la forèt de Dommitsch, des abatis qui, dans leur
état imparfait, retardèrent cependant la marche des
colonnes prussiennes et notamment de la cavalerie de
Holstein ?
| Malgré les excuses invoquées, il est difficile de ne pas
| imputer aux généraux 0’Donnell, de Sincère et autres, qui
| commandaient les troupes de Süptitz, l'abandon graduel
| des hauteurs et de la redoute qui en marquait le point
culminant. A part Lascy qui, dans la circonstance, ne dé-
passa pas le niveau de la médiocrité ambiante, ils n’a-
vaient guère de titres à la capacité; braves soldats, ils 1
bornaient leur rôle à conduire leurs hommes au feu et e
à exécuter la consigne avec plus ou moins d'intelligence Ê
et sans une parcelle d'initiative. En cette matière quelle À
différence entre les deux services! Les uns, Hülsen, Lestwitz,
141] Soldern etmême Zieten, malgré ses hésitations, gagnent la
bataille que leur chef avait perdue; les autres, 0’Don-
| nell, Lascy, laissent échapper la victoire que leur géné-
j) ral avait aux trois quarts remportée.
| Ce fut seulement le 5 novembre que l'avant-garde prussienne passa l’Elbe à la poursuite de l’armée de Daun; celle-ci, ainsi que le corps détaché de Lascy, put se retirer sur Dresde sans être inquiétée; dès le 8 novembre, les Autrichiens étaient rassemblés dans le camp de 1
Plauen ; malgré leurs pertes, ils avaient recouvré la supé- À
riorité numérique sur le Roi. Déjà, le jour de Torgau, Daun à
avait été rallié par la division Beck qui ne participa point
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