‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 70 sur 332 · TENTATIVE DE LAUDON CONTRE KOSEL · texte numérisé non relu

TENTATIVE DE LAUDON CONTRE KOSEL

Pour achever le récit de la campagne de 1760 entre les Prussiens et les Autrichiens, il nous reste à parler des opérations de Silésie pendant l'automne ; elles furent peu importantes, Lorsqu'il s'était décidé à suivre le Roi dans sa course sur Berlin, Daun avait laissé dans la province 40.000 horimes sous le commandement de Laudon avec mission de s'emparer d'une des places fortes. Les circonstances semblaient propices, car les forces prussiennes ne se composaient que des garnisons et de quelques détachements à faibles effectifs. Sur l'avis que le gouverneur Tauentzien avait reçu un renfort de quelques bataillons, le général autrichien qui ne pouvait pas compter sur le concours des Russes, de plus en plus éloignés de la Silésie, renonça à une entreprise contre Breslau et se prononça pour le siège de la forteresse secondaire de Kosel. A cet effet, il chargea son lieutenant Wolfersdorf de surveiller Schweidnitz avec 5.000 à 6.000 hommes, posta la cavalerie de Nauendorf à Liegnitz pour garnir le cours de la Katzbach, déboucha de Hohenfriedberg, le 13 octobre, avec le gros de ses troupes et parut, le 21, sous les murs de Kosel où il fut rejoint par le général Bethlem venu de la Haute-Silésie. Une reconnaissance effectuée par le Français Gribeauval, que la cour de Versailles avait mis à la disposition de son allié pour diriger les travaux d'approche, démontra que l'affaire était beaucoup plus ardue qu'on l'avait d'abord pensé, l’inondation qui couvrait les environs de la ville devant retarder l'ouverture des tranchées et restreindre le front d'attaque. Cependant, en attendant la grosse artillerie, Laudon eut des velléités de brusquer l’entreprise; il employa quelques jours à parfaire l’investissement, à essayer l'escalade de la tête du pont sur la rive gauche et à bombarder la ville. L'insuccès de ces tentatives prouva que, pour réduire Kosel, il faudrait avoir recours à une opération régulière, pour laquelle

le temps manquerait. Comme motifs de l'abandon (1), le général invoqua le mauvais état des routes et la pluie persistante qui rendaient impossibles les transports de l’artillerie et la construction des batteries. Le général Harsch, qui parait avoir eu la spécialité des sièges malheureux et que la cour avait envoyé sur les lieux, fut d'accord avec Gribeauval en évaluant à 5 ou 6 jours le délai nécessaire pour mettre les canons en position ou pour les retirer en cas d'interruption. Or, on venait d'apprendre que le général Goltz, détaché par le roi de Prusse, était arrivé le 25 octobre à Glogau où :l n’était qu'à 7 ou 8 journées de marche de Kosel. Ce fut en effet la crainte de l'intervention de Goltz qui fit renoncer à la conquête de Kosel. D’après Montrozard (2) attaché à l’armée de Laudon, on attribuait au Prussien une force de 28 bataillons et 50 escadrons, sans compter les renforts qu’il pourrait tirer des garnisons de Breslau, de Schweidnitz et de Neiss, alors que l’armée autrichienne devant Kosel n’était composée que

de 32 bataillons de ligne ou de Croates et de #k esca- El. drons y compris les hussards et que ces unités ne repré- 4 sentaient qu'un faïble effectif par suite des pertes essuyées 4 à Landshut et à Liegnitz. En réalité, Goltz, parti de Lub- 4

ben avec 12.000 hommes, même après les prélèvements ni qu'il effectua sur les garnisons de Breslau et Schweidnitz, n’en eut jamais plus de 17.000, dont un tiers de qualité médiocre, tandis que Laudon, en appelant à lui une partie de ses détachements, aurait pu lui opposer au moins 25.000 combattants.

Quoi qu'il en fût, Laudon rejeta sur Harsch et Gribeauval la responsabilité de la non-réussite. Le 29 octobre, il leva le blocus après avoir incendié les magasins de

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(1) Laudon à waunitz, Krzonowitz, 26 octobre 1760. Lettre citée par Janko, Laudons Leben, p.214.

(2) Montrozard à Choiseul, Klein Nimbsdorf, 27 octobre 1760. Affaires Etrangères.

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