‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 77 sur 332 · DISTRIBUTION DE L'ARMÉE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DE L'ARMÉE FRANÇAISE

vous Le jugerez à propos. Je suis sûr que, soit en attaquant, ou en défendant, vous vous tirerez bien d'affaire. Je vous crois le plus grand guerrier qui soit au monde, le plus poli et le plus adroïit négociateur avec toutes les puissances de l'Empire, le plus exact et le plus admirable dans toutes vos dépêches, mais en même temps, aussi gauche et aussi maladroit qu'un jzétre normand pour vos affaires personnelles. Cependant, je vous le pardonne, mon cher neveu, en faveur de votre candeur et de votre vérité. » Choiseul, que l’abbé avait vu à Versailles, avait insisié pour que carte blanche fût donnée au maréchal : « On laisse votre neveu le maitre d’agir; je suis de cet avis totalement. Mais je veux qu'il sauve Giessen. Kcrivez-lui sur ce ton, M. l'abbé. Il est de conséquence pour mes affaires politiques de bien débuter et de donner le tort à l'ennemi à l'ouverture de la campagne. »

Giessen ne fut pas attaqué, et Broglie n'eut pas à décider s'illivrerait bataille pour conserver la place mais l'étatmajor eut une chaude alerte : «Les ennenn. sont portés, mande le maréchal (1), ce matin à 6 heures sur Giessen et à 10 sur Butzbach. » Dans le camp francais on attribuait 70.000 hommes au prince Ferdinand, sans compter les 15 à 16.000 de Westphalie, et on ne pensait pas pouvoir lui opposer avant huit jours un nombre égal de combattants. Fort heureusement, ilne s'agissait que d'une simple reconnaissance, et Broglie eut tout le temps de mobiliser ses troupes et de préparer sa campagne.

L'armée francaise était divisée en trois fractions inégales; l'aile gauche, sous les ordres de Saint-Germain, forte de 34 bataillons et 38 escadrons, était campée sur la rive gauche du Rhin ou sous les murs de Wesel et Dusseldorf; l'aile droite, commandée par le prince Xavier de Saxe, connu sous le nom de comte de Lusace, auquel le général

(1) Maréchal de Broglie à Belleisle, Francfort, 9 heures du soir, 24 mai 176 Archives de la Guerre.

de Vogué était attaché en guise de conseiller, se rassemblait entre Lohr et Gemunden sur la rive du Mein; elle comptait 19 bataillons et 26 escadrons. Le reste, 97 bataillons et 101 escadrons, obéissait directement à Broglie (1). Défalcation faite des piquets détachés pour renforcer les garnisons et desquelques dépôts de convalescents et de recrues, le total devait se rapprocher de 100.000 fantassins et & leurs, 25.960 cavaliers et à À 6.000 troupes légères, soit 130.000 hommes présents ous les drapeaux. Si l’on tien compte des garnisons dis places du Rhin et du Mein, Bel icisle n'avait pas exagéré les force: mises * la disposition de Broglie pour la campagne de 1760.

Quoique inférieurs aux effectifs francais, ceux du prince Ferdinand s'étaient accrus acpuis l’année précédente grâce à de récents traités passés avec le duc de Brunswick et le landgrave de Hesse, lies contimgents de ces deux princes avaient été augmentés; d'autre part, plusieurs bataillons de troupes légères étaient venus s'ajouter au corps hanovrien ; enfin, le gouvernement anglais avait envoyé en Allemagne une brigade de 1.800 dragons et à peu près autant d'infanterie écossaise que devait suivre (2 un nouveau renfort de six régiments, soit 6.200 fantassins. Par contre, après une longue correspondance et en dépit de l’insistance du ministre Mitchell, il avait fallu restituer au roi de Prusse ia plus grande partie de la cavalerie qui, sous ies ordres du prince de Holstein, servait avec éclat depuis trois ans dans l’armée du prince Ferdinand. Malgré le départ de ces 2.000 excellents cavaliers, en comptant la division anglaise sur le point de s'embarquer pour le continent, les confédérés pourraient opposer 80 à 85.000 combattants aux 130.000 hommes que les Français seraient à même de mettre en ligne.

(1) Voir pour les opérations en Hesse et Westphalie la carte à la fin du

volume.

2) Holdernesse à Ferdinand, 2 mai 1760. Record Office.

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