‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 332 · DÉFAITE DE FOUQUÉ · texte numérisé non relu

DÉFAITE DE FOUQUÉ

parle (1) de plus de 3.000 prisonniers, ce qui laisserait 6.000 pour le chiffre des tués ou blessés ; toute l'artillerie, 68 canons, 34 drapeaux, 2 étendards et une paire de timbales, tombèrent entre les mains des vainqueurs. Les pertes autrichiennes s'élevèrent, d’après les documents officiels, à 768 officiers et soldats tués et à 2.095 blessés.

Frédéric rendit hommage à la conduite héroïque de son général et de ses soldats. « Cette belle action, écrit-il en parlant du combat de Landshut, n'en trouve, dans l’histoire, qui lui puisse être comparée, que celle de Léonidas et des Grees qui défendirent les Thermopyles et qui eurent un sort à peu près semblable au sien. » Cogniazzo et Laudon lui-même, le premier, en termes enthousiastes, célèbrent la bravoure des vaincus. Mais si l'historien doit s'associer à un éloge bien mérité, il est de son devoir de blâmer l’obslination du général qui, par amour-propre ou par obéissance passive poussée à l'exagération, sacrifia inutilement son corps d'armée. L'on prétend que Fouqué avait juré, l'expédition de Landshut terminée, de ne plus tirer son épée du fourreau. Si l'engagement fut pris, il fut rempli. Retenu prisonnier à Vienne, puis à Carlstadt, en Croatie, Fouqué ne rentra en Prusse qu'à la paix; il fut très bien traité par le Roi, mais ne voulut pas reprendre du service; il mourut à l’âge de 77 ans, en 1774.

Dans la direction de la bataille et des opérations qui l’avaient immédiatement précédée, Laudon montra du coup d'œil, de l’activité et de la décision, il sut tirer parti de sa supériorité en hommes et en canons. Il fut, d’ailleurs, bien secondé par ses officiers supérieurs, parmi lesquels Rouvroy, le commandant de l'artillerie, a droit à une menton spéciale. La gloire de la journée fut ternie par les scènes de pillage et de meurtre dont la malheureuse ville de Landshut fut le théâtre. D’après les

(1) Relation de la victoire de Laudon. Kaunitz à Starhemberg, 26 mai 1760. Annexe. Archives de Vienne.

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mai 1760.

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