RÉGLEMENT POUR LA DISCIPLINE DE L'ARMÉE
réchal fait de son mieux pour entretenir la bonne intelligence. En réponse à Saint-Germain, qui, adversaire du mouvement par le comté de la Marck, s'était cependant incliné en disant qu'il devait avoir tort vis-à-vis de son général, il prend le ton le plus conciliant (4) : « Je crois qu'il est arrivé souvent que le général eût tort lui-même eten cas qu'ils eussent été jusqu'ici aussi infaillibles que les Italiens croient le pape, je serais très capable de leur en faire perdre le privilège. »
Durant le mois de juin, la pénurie de fourrages qui expliquait l'ajournement de la mobilisation donna lieu à des réciimations très vives de la part des divisionnaires : « J'ai écrit hier à M. le comte de Broglie, relate Guerchy (2), une lettre noire comme l'encre sur l’article du fourrage; je ne suis guère plus blanc aujourd'aui. » Néanmoins, et en dépit de ces causes de retard, les troupes commencçaient à se rassembler. Cornillon, qui avait repris ses fonctions de major général, s'appliquait à maintenir la discipline : « M. le Maréchal, écrit-il (3), vient d’ordonner un petit détachement qui ne sera pas cher au Hoi. Ce sont douze grands et gros Allemands qui ont tous servi, qui seront dllachés à la prévôté, lesquels seront déslinés à donner des coups de bâton sur le cul à tous les soldats et valets qui contreviendront à ordre qui ar prescrit, » (ont à tn objet analogue que 8e ratlache in règlement relatif aux femmes qui suivaient larhiée :
Nous faisons, relate Cornillon (4), une guerre contiuelle aux filles de mauvaise vit, el du Heu de log fonnttol ainsi que cela s'est praliqué jusqu'à présent, ce qui ne les empêchait pas de revenir quatre jours après, on leur noireit le visage avec une drogue, qu'on m'a assuré, qui
{) Broglie à Saint-Germain, * juin 1760. Archives de la Guerre, vol. 3555
2) Guerchy à Broglie, Hackenbourg, 31 mai 1760, Archives de la Guerr
(3) Cornillon à Belleisle, 3 juin 1760, Archives de la Guerr
1) Cornillon à Belleisle, Corbach, 16 juillel 1700. Archives de la Guerre. GUERRE LE SEPT ANS, LE À 12
DT nt.
EE
durait plus de six mois. Si cela est vrai, il est certain À qu'elles ne reparaitront pas, car cela fait horreur à voir, sans leur faire ancun mal, » Les témoignages français L \ sur la tenue de la troupe sont confirmés par les rapports À anglais; c'est ainsi que York signale (1) une amélioration sensible dans le rang et à l’état major : « Les deux géné- “aux sur le Mein et le Bas-Rhin tiennent en mains avec plus de rigueur leurs hommes; ils observent aussi mieux Fi le secret que par le passé. »
Li: Aussitôt fixé sur les vues de la cour, Broglie lança ses | instructions. Lusace, quiétait encore sur les bords du Mein, {| entre Lohr et Gemunden, avec la réserve de droite, reçut (2) ordre de se porter à Saltzmunster sur la route de Hanau à Fulde. Le rôle qui incombait à Saint-Germain, à la réserve de gauche, était des plus importants, aussi les indications données à ce général sont-elles très précises : « Comme le premier objet de M. de Saint-Germain semble devoir être de favoriser par une diversion les opérations de la Grande Armée, il est nécessaire que le commencement des siennes précède de quelques jours celui où l’armée campera en front de bandière. IL est donc indispensable que la réserve de M. de Saint-Germain ait passé le Rhin et fait une marche en avant le 17, afin ( que les nouvelles que M. le prince Ferdinand aura de ce mouvement, pendant trois jours consécutifs avant d'apprendre que la grande armée est rassemblée, le tiennent au moins dans l'incertitude dans son camp de Fritzlar et l'empèchent de marcher avec toute son armée sur l’Ohm pour défendre cette rivière. » Wesel, dont la garnison a été augmentée, peut être abandonné à ses E propres forces ; le pays de Clèves appartenant à la Prusse, il n’y à pas de motif pour le protéger contre les incur-
(1) York à Newcastle, 27 juin 1760. Newcastle Papers. (2) Broglie à Lusace, 19 juin 1760. Archives de la Guerre.