‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 82 sur 332 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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chit I. Roer à Mulheim et parvint sans accident, le 20, à Dortmund avec le gros; Fischer avec les troupes légères occupa Bruckel et Swirt; Leyde avec sa brigade était en arxière, et ne rejoindrait que le 22 ou le 23. A en juger par un rapport de Castries qui remplissait les fonctions d'inspecteur de cavalerie, l’état de cette arme n'était pas satisfaisant ; il y avait dansle rang beaucoup de jeunes chevaux incapables de résister aux fatignes de la campagne : « J'ai fait, mande-t-il à Beileisle (1), diviser en trois classes les chevaux de ce régiment (Clermont prince) ; la première composée des anciens chevaux du temps de Minden, monte à 87; la seconde classe à 83 et est formée de la première remonte qui a été faite en 1759, et dont les chevaux ont k ans. La 3° classe a monté à 140 et est formée de la seconde remonte faite cette année dont les chevaux n’ont que 3 ans; il en est mort 10 depuis leur départ de Bourgogne, et qui faisait le complet de ce régiment... En conséquence du compte que j’ai rendu de ce corps à M. le Comte de Saint-Germain, il s’est déterminé à ne faire marcher ce régiment qu'à un escadron formé par 20 hommes par compagnie. »

En annonçant son arrivée à Dortmund, Saint-Germain avait écrit à Broglie (2) qu'il allait « s'établir sur la Roer de façon que des forces supérieures ne puissent m'en chasser ». Cette dépêche se croisa avec une du maréchal lui demandant de faire remonter la rivière à son avantgarde. Saint-Germain trouve (3) à ce mouvement de gros dangers : Spôrcken, qui commande ie, confédérés en Westphalie, est à Dulmen et à Haltern; Hardenberg est campé à Werne avec un contingent important; l'ennemi

(1) Cas'ries à Belleisle, Dusseldorf, 14 juin 1760. Archives de la Guerre. (2) Saint-Germain à Broglie, Dortmund, 20 juin 1760. Archives de la Guerre.

(3) Saint-Germain à Broglie, Dortmund, 25 juin 1760, Archives de la Guerre,

PASSACE DE L'OHM. 181

a des détachements tout le long de la Lippe : « Tant que Spürcken restera où il est, je ne puis pas m'étendre du côté d'Unna et de Werle; ma communication serait trop éiendue ei serait vraisemblablement coupée. D'ailleurs, les caemins sont mauvais, les chevaux des vivres trop faibles et l'artillerie n'a pas assez de chariots pour mener les munitions, de sorte qu’on ne peut aller que pas à pas et qu’il faudra y mettre beaucoup de précaution. » Cette circonspection extrème ne s’harmonisait guère avec les projets du général en chef, qui venait de prendre l'offensive contre le prince Ferdinand.

Le 21 juin, Broglie avait fait ses adieu x à la ma”échale qui avait passé l'hiver à Francfort, et s'était mis à la tête de l’armée; le 23, le gros était rassemblé à Grünberg'; les Saxons du comte de Lusace occupaient le village voisin de Merlau; Guerchy, avec sa division venue des cantonnements du haut Rhin, était posté aux environs de Giessen. IL s'agissait, pour les Français, de forcer le passage de l'Ohm que Broglie s'attendait à voir vigoureusement défendu par le prince Ferdinand dont on lui signalait la présence à Neustadt. Il informe (1) Belleisle qu'il se portera, dès 1’après-midi du 23, entre Amoneburg et Homburg, localités de la rive gauche de l’Ohm, avec toutes les troupes légères, les grenadiers de France, 12 bataillons d'infanterie, les carabiniers et les dragons; le reste de l’armée, réparti en 5 colonnes, le rejoindra par une marche de nuit.

“algré les inquiétudes manifestées, il n'y eut pas de combat, tout se borna à quelques escarmouches entre les éclaireurs des deux partis; Homburg fut évacué sans opposition; à midi on commença à jeter les ponts, et à 6 heures, l’armée française était établie de l’autre côté de la rivière, sur une petite hauteur en avant de Schweins-

(1) Broglie à Belleisle, Grünberg, 23 juin 1760. Archives de la Guerre.

DS

berg. « 11 est heureux, écrit Broglie (1), que le prince Ferdinand ne soit pas arrivé à temps pour disputer le passage qui n’a été achevé que ce matin (le £7) au jour. » Le 26, les reconnaissances firent savoir que les confédérés s'étaient retirés sur la forteresse de Ziegenhayn et à Holsdorf, village entre Marburg et Fritzlar.

Comment expliquer cette retraite inattendue? Que s’était-il passé dans l’armée hanovrienne ? Dans une dépèche à Hoïidernesse en date du 17 juin (2), Ferdinand avait exposé la situation et fait part de ses projets : Il n’est pas fixé sur le rôle alloué à Saint-Germain, mais quel qu'il soit, Spôrcken lui tiendra tête. Il récapitule les effectifs français et ajoute : « Je suis pour le moment présent un peu faible en cavalerie; il me parait néanmoins que je dois avancer sans attendre l'arrivée des renforts, pour ne perdre pas trop de temps, et laisser à l'ennemi celui de gagner du terrain, M. le Prince héréditaire est avec 10.000 hommes à Schlitz (près de Fulde) et M. d’'Imhoff avec un corps de pareille importance aux environs de Marbourg. J'attire à moi 8 bataillons et # escadrons de la Westphalie, ils traverseront le pays de ‘Yaldeck et me joindront sur la Lahne, ou ils se porteront sur là Dille, selon que les circonstances l’exigeront. L'armée même se mettra en marche le 2% et arrivera le 27 sur l'Ohm. Si M. de Broglie vient au-devant de moi, probablement la bataille s’ensuivra; s’il reste sur la Nidder ou aux environs de Friedberg, je mettrai le siège devant Giessen. Je ne me flatte pas qu'il me laissera prendre cette ville, sans livrer bataille. Si la fortune se déclare pour nous, le reste de la campagne ira sans difficulté. L’artil-lerie de siège est arrivée en partie à Ziegenhayn, le reste y arrivera le 21.»

(1) Broglie à Belleisle, Schweinsberg, 25 juin 1760. Archives de la Guerre. (2) Ferdinand àHoldernesse, Wavern, 17 juin 1760. Record Office.

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