‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 116 sur 303 · DAUN SE SÉPARE DES RUSSES · texte numérisé non relu

DAUN SE SÉPARE DES RUSSES

passe (1) une revue peu flatter.5e des principaux personnages investis de commandements supérieurs sous le maréchal: «Ce qu'il y a de pis, entre nous, est qu’il n’a pas un officier général sur qui il puisse compter. MM. d'Harsch et De Ville sont ceux qui ont été jusqu'icy les plus accrédités et les plus emplotés : jetez les yeux sur ce qu'ils ont fait dans le cours de cette campagne. Cela ne fait-il pas pitié et trembler? Malgré cela, M. le maréchal me disait encore hier, quoique furieux, qu'il n’en avait aucun en qui il eût plus de confiance; jugez du reste. N'y a-t-il pas de quoy frémir? C’est ce qui me fait regarder les entreprises d'une certaine espèce avec ‘autant d’effroy. M. le maréchal n'a donc icy que deux officiers généraux de distinction; il me l’a dit cent fois luy-même; l’un est M. de Lacy, l’autre est M. de Laudhon; le premier est son maréchal des logis, et le dernier est avec les Russes. Par conséquent ny l’un ny l’autre ne peuvent commander de corps. »

Du 13 au 23 septembre, Daun séjourna à Bautzen; il y reçut la visite de Rumjanzew, sur la demande duquel il affecta aux Russes un renfort de 10.000 hommes, et celle du duc de Deux-Ponts, qui vint de Dresde (2) presque seul dans la nuit du 1% au 15, se concerter sur les opérations de Saxe et apporter l'avis, d’ailleurs inexact, de la marche d'un gros détachement que le prince Ferdinand de Brunswick aurait envoyé sur l’Elbe à l'aide des Prussiens. Ce secours, le Roï, il est vrai, l'avait sollicité à plusieurs reprises ct notamment avec instance après le désastre de Kunersdorf, mais le commandant de l’armée harovrienne avait toujours su trouver d'excellentes raisons pour ne pas faire droit à la requête.

Le prince Henri avait profité de la fuite de De Ville

(1) Montazet au comte de Choiseul, Budissen, 13 septembre 1759. Archives de la Guerre, 3522.

(2) Rutan à Belleisle, Wilsdruf, 18 septembre 1759. Archives Guerre, 3523,

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pour le remplacer à Gürlitz où il demeura une dizaine de jours. Durant ce laps de temps il y eut entre son frère et lui échange actif de correspondance. Frédéric lui « recommande (1) Torgau qui, dans la situation présente, devient de la plus grande conséquence ». Henri insiste pour obtenir (2) des instructions précises : « Vous me recommandez Torgau; je vous supplie de me dire si vous voulez que je marche par Spremberg sur le flanc gauche de l’armée de Daun; en ce cas, je puis soutenir l'Elbe et les places de Saxe... mais ici, ayant le dos contre la Silésie, ii me sera impossible de couvrir l’un et l’autre; aussi je vous prie en grâce de me f& .e connaitre d'abord positivement vos intentions là-dessus. » Le prince ne croit pas nécessaire une tentative contre la capitale de l'Électorat. « Dresde tombera d'elle-même », parce que l'ennemi ne pourra s’y maintenir s’il n’est pas maître de toute la Saxe; le point essentiel est de l'empêcher d'arriver à ce résultat. Le 22 septembre, il annonce son dessein (3) de se rendre en Saxe à moins de contre-ordre : « Si je ne reçois point de vos lettres, je me verrai obligé de prendre mon parti; je marcherai demain au soir et je tâcherai de gagner par des marches forcées du côté de Hoyerswerda, afin d’être en sûreté à l'égard des subsistances et pour avoir la communication avec Finck, mais je ne puis plus vous ètre responsable ni des montagnes ni du corps de Fouqué. Je garantirai Berlin et l’Elbe, et si l'ennemi marche en Silésie, je lui couperai les vivres de la Bohème et lui marcherai au dos; je tâcherai encore d'aider Finck à reprendre Dresde. »

(1) Frédéric à Henri, Forst, 19 septembre 1759. Correspondance polilique, XVII, p. 550.

(2) Henri à Frédéric, Hermsdorf, 20 septembre 1759. Schôüning, vol. IT, p. 157.

(3) Henri à Fréderic, Hermsdorf, 22 septembre 1759. Schüning, vol. II, p. 160.

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