‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 121 sur 303 · FINCK ENVOYÉ A MAXEN · texte numérisé non relu

FINCK ENVOYÉ A MAXEN

par un convoi de pain avec une escorte de deux bataillons; les corps autrichiens de Sincère et de Brentano le surveillent : « 5e crois, malheureusement, ajoute-t-il, que je vais avoir une affaire générale avec ces gens. »

Jusqu’alors, les avis répétés (1) expédiés à Finck par Frédéric considéraient la rentrée des Autrichiens en Bohême comme un événement presque certain. « Quand Daun apprendra, écrivait le Roi (2), qu’un fort détachement des nôtres est posté à Maxen, il tombera nécessairement en désarroi et en confusion. » Le 17 (3), Frédéric parle de Daun comme devant poursuivre sa retraite vers la Bohème par Dresde et Peterswalde et espère que Finck pourra s’emparer des bagages de l'ennemi. La première dépêche du 18 (4) est très explicite. Il a recu Le rapport de Finck de la veille, daté de Dippoldiswalda. « Je vous réponds que vous avez bien fait d'y marcher avec tout votre corps, car ils auraient pu venir en force et culbuter votre division détachée. » Quoique le nom de Maxen ne figure pas dars cette lettre, on ne peut se méprendre sur le sens, en comparant les expressions dont se sert l'écrivain royal avec le billet de Finck qui annonce son intention de se rendre à Maxen. D'ailleurs, sur le dos de la dépêche du général, le secrétaire du cabinet Eichel avait écrit au crayon, probablement sous la dictée du souverain : « Il devra aller à Mäxen avec tout son corps ». Il n’y a donc nul doute sur la pensée de Frédéric et sur l'interprétation des ordres donnés à son lieutenant. Cependant, dans la lettre que

(1) La Correspondance polilique contient deux dépèches du 16, trois du 17 et trois du 18 novembre. Les rapports de Finck publiés par Winter sont en nombre égal.

(2) Frédéric à Finck, Krogis, 16 novembre 1759. Correspondance polilique, XVIIL, p. 641, |

(3) Frédéric à Finck, Limbach, 17 novembre 1759. Correspondance politique, XVII, p. 643.

(4) Frédéric à Finck, Limbach, 18 novembre 1759. Correspondance politique, XVII, p. 648.

matt na GRR Case RE 2

nous venons de citer, il n’est plus question de la retraite de Daun, mais seulement de celle de l’armée des Cercles; d'autre part, Finck est prévenu que la division commandée par Sincère n’est plus avec la grande armée et que Brentano est allé le 17 à Possendorf (village à moitié route entre Dresde et Dippoldiswalda). Le soir du 18, un mot daté de Wilsdruf (1), le nouveau quartier général, dénote quelque inquiétude : Le Roi envoie un renseignement de Zieten sur les mouvements de Sincère et de Brentano, s’en rapporte à Finck pour les dispositions à adopter, et ajoute : « Vous aurez une sortie soit avec les Cercles, soit avec Sincère. » À partir de ce moment, les communications furent coupées, car si dans la Correspondance politique on trouve encore un billet sans date, mais probablement du 19, qui contient une allusion aux craintes exprimées la veille par Finck relativement à une « affaire générale », aucune réponse n’est faite à l'appel (2) adressé ce même 19 : « Si contre mon attente ils m’entourent, je suis sûr que Votre Majesté me dégagera. » D'ailleurs, dans la dépêche du Roi datée du 20 qui annonce le départ de Hulsen avec des secours, il est dit que cette mesure avait été prise sur les informations de déserteurs et des coureurs prussiens, Frédéric avait trop compté sur la démoralisation d’un adversaire qui savait parfois corriger sa lenteur et son indécision habituelles par des entreprises aussi hardies qu’inattendues. Alors que dans l’entourage royal on était convaincu que Daun ne songeait qu'à la rentrée en Bohême, le maréchal décidait d’appuyez le corps de Brentano, déjà détaché contre Finck, par la réserve de Sincère portée à un effectif de 15.000 hommes, et de diriger lui-même l'attaque combinée à laquelle concourrait une division

(1) Frédéric à Finck, Wilsdruf, 18 novembre 1759. Correspondance politique, XVIN, p. 657.

(2) Finck à Frédéric, Maxen, 19 novembre 1759. Cité par Winter.

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