‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 124 sur 303 · FINCK ATTAQUÉ DE TROIS COTÉS A LA FOIS · texte numérisé non relu

FINCK ATTAQUÉ DE TROIS COTÉS A LA FOIS

du corps de Sincère qu'il avait rattrapé en marche. Pendant que le gros franchissait le ravin de Reinhardsgrimma, il se porta avec l'avant-garde et une partie de son artillerie sur un dos d'âne peu éloigné de la forêt de Reinhardsgrimma et perpendiculaire à la colline où étaient postés les deux bataillons et les hussards de Platen. 11 y établit, au fur et à mesure de la venue des pièces, deux batteries d’obusiers et de canons et fit ouvrir un feu qui ne tarda pas à avoir le dessus, car les boulets autrichiens enfilaient les positions de Hausdorf et de Maxen, tandis que la nature du terrain ne permettait pas au tir prussien d’avoir grande efficacité. L’instaliation des batteries de Daun n'avait pu être accomplie sans de grands efforts ; le mauvais état et l’escarpement des chemins, la couche de verglas dont ils étaient couverts, les chutes des chevaux qui n'étaient pas ferrés à glace, avaient fait douter de la possibilité d'amener les canons sur la hauteur; le rapport d’un officier énergique, le major Fabri, avait décidé le maréchal à en donner l'ordre.

Au bout de quelques minutes, le tir autrichien obligea Platen à abandonner son poste et à se retirer sur le Maxernberg où il vint prendre la gauche de la ligne. Daun profita de cette retraite pour occuper l'emplacement cédé et pour y planter une troisième batterie de 26 pièces. La canonnade continua, de plus en plus intense, et la supériorité des 50 pièces autrichiennes sur les 11 prussiennes devint si marquée que le maréchal crut le moment propice pour lancer ses colonnes à l'attaque du Maxernberg. Cette entreprise fut favorisée par une panique qui se produisit dans les équipages que Finck avait réunis dans un fond entre Maxen et Schmorsdorf; beaucoup de projectiles dépassant la crête que visaient les artilleurs de Daun, tombèrent au milieu du camp et y mirent un désordre qu'accrut le feu du canon de Brentano et que le cours des événements ne fit qu'aggraver encore. Les obstacles

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qu'avaient rencontrés les Autrichiens dans leur marche, les difficultés qui avaient accompagné le transport de leur artillerie, ocrasionnèrent de tels retards qu'il était plus d’une heure de l’après-midi quand l'assaut fut livré. En tête étaient les grenadiers de Sisckowitz, soutenus par les brigades du marquis d’Ainse ct du général Dombasle et flanqués par la cavalerie. A la droite prussienne l'attaque échoua; les défenseurs refoulèrent l’assaillant et le poursuivirent jusqu’au pied de la montée; mais accablés par le feu des batteries autrichiennes, ils durent reculer jusqu'au point de départ; à la gauche, au contraire, les grenadiers de Sisckowitz furent plus heureux, ils percèrent la ligne de Finck, et, poussant devant eux les bataillons de Grabow et de Zastrow, dévalèrent le revers de la montagne et entrèrent dans le village de Maxen. Là, ils furent rejoints par un parti des leurs qui s’y était glissé en contournant les hauteurs. Les autres bataillons de Platen, qui jusqu’alors avaient victorieusement résisté, pris à dos par les nouveaux venus, attaqués de front par les troupes fraîches accourues pour appuyer leurs camarades battus, durent abandonner le Maxernberg et refluer vers le bourg où la lutte continua. Les Autrichiens qui s'étaient ainsi avancés auraient probablement payé cher leur témérité s'ils avaient été chargés par les dragons de Wurtemberg que Fiack avait postés en seconde ligne derrière son infanterie; malheureusement, pour les abriter du feu de l'artillerie, le général Gersdorf les avait éloignés sans prévenir son chef; aussi le moment opportun était-il passé quand on put les faire donner. Leur attaque tardive et mal conduite par suite de la blessure mortelle du colonel de Münchow ne réussit pas et se termina par une retraite désordonnée.

. Entre temps, Finck avait appelé au secours de sa première ligne, dont une fraction occupait encore le Maxernberg tandis que le reste se battait dans les ruelles de Maxen, les grenadiers de Willemey, les deux bataillons de Reben-

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