LES AUTRICHIENS EMPORTENT LES HAUTEURS DE MAXEN
tisch et les dragons de Platen, qui étaient « n réserve. L'intervention des grenadiers fut des plus utiles; elle dégagea les bataillons Finck et Benkendorf qui étaient presque cernés, et fournit l’occasion de recouvrer une partie du village. Les fusiliers de Rebentisch n’eurent pas la même fortune; ce régiment, composé dans une forte proportion de prisonniers russes et autrichiens, participa à la défaite des bataillons Grabow et Zastrow, qu'il devait aider, fut enfoncé par la cavalerie autrichienne, se laissa prendre beaucoup de monde et finalement recula, entraînant dans sa fuite les dragons de Platen.
Sur ces entrefaites, Brentano, qui ne devait s'engager qu'après l'entrée dans la zone de feu des colonnes de Daun, faisait mine de se joindre à l’action, en marchant sur les hauteurs au nord de :chmorsdorf ; pour arrèter ses progrès, Finck ordonna au général de Bredow de se mettre à la tête des cuirassiers et hussards de l’aile droite et de repousser les Autrichiens de manière à donner de l'air sur ce flanc et à permettre l'envoi à Maxen des quatre bataillons jusqu'alors opposés à Brentano. Soit faute des généraux, soit mauvaise conduite des hommes, cette manœuvre de cavalerie eut le même sort que la première; tout alla bien d’abord, puis les escadrons prirent une fausse direction, s’empêtrèrent dans les fonds marécageux de Tronitz, furent mis en désordre par le canon de Brentano, et malgré les efforts de leurs officiers pour les rallier, finirent par abandonner le champ de bataille où ils ne reparurent plus de la journée.
Pendant que ces événements se passaient au nord de Maxen, à l’ouest de la bourgade les Prussiens avaient perdu beaucoup de terrain. Les dernières unités qui se cramponnaient encore à la chaîne du Maxernberg avaient été forcées de se retirer pour n'être pas coupées. De leur côté, les généraux autrichiens avaient rétabli l’ordre dans leurs bataillons où l'entrainement de la poursuite avait apporté de
la confusion, les avaient rangés sur la position conquise et les avaient renforcés des troupes demeurées jusqu'alors sur les Hausdorfhühe. Ces dispositions achevées, toute la ligne se porta en avant pour chasser les Prussiens de Maxen où ils tenaient encore. Le combat reprit de plus belle dans le village qui devint la proie de l'incendie; cernés par le vainqueur, les bataillons prussiens Finck , Benkendorf et Willemey, dont nous avons raconté le retour offensif, eurent beaucoup de peine à se frayer un chemin à travers les flammes et à rejoindre le reste de l’armée. Il en fut de même des bataillons Kleist, Billerkeck, Heyden et Schenkendorf, qui luttaient au nord de Maxen; accablés par le feu croisé des batteries de Dauu et de celles de Brentanc, qui avaient profité de la fuite de la cavalerie de Bredow pour se rapprocher, démoralisés par les échecs successifs de la journée, ils reculèrent dans la direction de Schmorsdorf,
Finck fit un dernier effort pour éviter le désastre qui le menacait; il essaya de rallier sur les collines de Schmorsdorf les débris de son armée, y mit en batterie tout ce qu’il put ramasser d'artillerie et y attendit de pied ferme une nouvelle attaque. Elle ne tarda pas à se produire; unissant sa gauche à la droite de Brentano, le maréchal Daun exécuta contre les Prussiens un mouvement concentrique. Ce fut en vain que Linstädt, avec ses tro's bataillons encore intacts, opposa aux Autrichiens üne résistance acharnée ; il dut céder à son tour. Schmorsdorf fut défendu longtemps par le bataillon de Lehwald, qui tint en échec par ses feux la cavalerie autrichienne ; mais la prise du village, qui eut lieu vers la chute du jour, couronna la ‘ictoire de Daun et ne laissa d'autre ressource à l’armée battue que de se réfugier dans la plaine de Ploschwitz sous la protection de Wunsch. Ce général, qui avait eu affaire aux Imp£riaux de Stolberg et aux Autrichiens de Palfy et de Kleefeld, avait maintenu son terrain; l'engagement de ce côté avait été linité à une canonnade active entre les Prussiens