DÉFAITE ET CAPITULATION DE FINCK
et l’armée des Cercles et à quelques escarmouches aux abords de Dohna, à la suite desquelles les cavaliers de Palfy et les Croates de Klefeld avaient franchi le Muglitz et avaient donné la main à Brentano pour poursuivre les fuyards du corps de Finck.
Les commandants des deux armées mirent à profit la auit, Daun pour munir d'artillerie les positions enlevées et pour préparer le renouvellement de l’action dès la matinée du lendemain, Finck en cherchant un expédient pour sortir d’une situation sans issue. Entouré de toutes parts par des forces supérieures, dominé par les bouches à feu dont l’ennemi avait garni les hauteurs environnantes, il ne pouvait échapper à une capitulation qu’en percçant le cercle de ses adversaires. IL y songea et proposa à cet effet à ses brigadiers, réunis en conseil de guerre, d’essayer un coup de désespoir pour la reprise de Schmorsdorf et de sa colline ; avant de s’y décider, on voulut savoir sur quels effectifs on devait tabler. Un appel fait dans ïes régiments d'infanterie du corps de Finck constata la présence sous les armes de 2.836 fantassins seulement; en y ajoutant la brigade Wunsch, on avait 7.000 hommes d'infanterie et huit canons à opposer aux masses autrichiennes. Avec de si pauvres moyens, avec des soldats sur la bonne moitié desquels il ne fallait pas compter , assaillir un ennemi victorieux et beaucoup plus nombreux, c'était tenter une œuvre irréalisable et sacrifier inutilement ce qui restait de meilleur dans les rangs: il fallut donc se résigner à entrer en pourparlers avec le maréchal Daun. Cependant, si le sort de l'infanterie paraissait scellé, peut-être serait-il possible de dérober la cavalerie à la honte d’une reddition. Soit sur l’ordre de Finck, soit sur sa propre initiative, Wunsch recut mission de réunir les 35 escadrons de l’armée, de se glisser, à la faveur de l'obscurité, à travers les avantpostes de l’armée des Cercles vers Sirsen et de gagner par un grand détour le quartier général royal. Cette en-
treprise, dont la difficulté était fort aggravée par les défilés à franchir et par l’état des chemins devenus impraticables à cause de la glace et du verglas, était d'avance condar:née à l’insuccès.
Dès l'aube du 21 novembre, les Autrichiens tirèrent quelques coups de canon sur les débris de l’armée prussienne ; ils suffirent pour détruire le peu d'ordre qu’on avait pu rétablir pendant la nuit; les soldats quittèrent les rangs pour se réfugier parmi les voitures du convoi. Finck, bien convaincu qu’il n’y avait rien à faire, dépècha au maréchal le général Rebentisch. Vers huit heures du matin, l’émissaire rentra accompagné de l’Autrichien Lascy et de quelques officiers de son état-major; ils ne voulurent accorder aux troupes de Finck d’autres conditions que celle de se rendre prisonnières de guerre. Quant à la cavalerie, malgré son départ nocturne, elle n’avait fait que peu de progrès dans sa tentative de fuite; il avait fallu conduire les chevaux à la bride, quelquefois un à un, pour leur faire traverser la glace qui recouvrait les bas-fonds, et les premiers escadrons de hussards avaient seuls passé le ravin quand Lascy menaça de recommencer la canonnade si la cavalevie n’était pas comprise dans l’arrangement. Wunsch dut revenir sur ses pas el mettre bas les armes; son absence au moment de la signature et ses protestations contre un acte dont il se prétendit la victime, le sauvèrent du conseil de guerre devant lequel furent appelés la plupart de ses camarades.
A la suite de la capitulation ou au cours du combat de Maxen, les Autrichiens s'emparèrent de neuf généraux, 549 officiers, environ 12.000 sous-officiers et soldats, 71 pièces de canons, #4 caissons, 24 étendards et 96 drapeaux (1). L'affaire leur avait coûté un millier de tués ou blessés et presque le double aux Prussiens.
(1) D’eprès Tielke, le chiffre des prisonniers fut de 14.922 de tous rangs.