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difficultés sérieuses. On résolut d'obstruer le passage: il fut arrêté (1) dans un conseil où furent convoqués les officiers de mer, « que l’on coulerait 8 de nos navires dans la Traverse. Cependant avant l’exécution-de ce premier projet on voulut auparavant sonder ce qu'elle pouvait avoir au juste de large. M. Pelegrin, lieutenant de port et pratique pour la rivière, reçut des ordres en conséquence. » La reconnaissance démontra que la passe avait une largeur de 1.000 toises, au lieu de celle de 250 qui lui avait été jusqu'alors attribuée. Il fallut renoncer à l’entreprise. Il en fut de même des batteries projetées au cap des Tourmentes qu'on n'eut pas le ter ps; de construire. En fait la flotte anglaise ne rencontra pour remonter le Saint-Laurent que les dangers inhérents à un chenal peu connu. Malgré le concours de pilotes canadiens qu'il s'était procurés par surprise, l'ennemi n’atteignit que le 27 juin le mouillage entre l'ile d'Orléans et la Pointe de Lévis. Il semblerait que pendant l'intervalle de 5 semaines qui s’écoula entre la venue de Vaudreuil et l’arrivée de l’escadre anglaise, il eût été possible d'ébaucher quelque chose pour la protection des abords de la rade de Québec.
Examinons maintenant les dispositions prises et les éléments réunis par le gouvernement anglais pour la conquête du Canada. Comme l'avaient prévu les chefs civils et militaires de la province, l'attaque devait être dirigée sur trois points différents. L’effort essentiel, confié au général Ambherst, serait tenté par la voie devenue classique des lacs George et Champlain ; à gauche, une ex-
pédition aurait pour objectif Ia prise de Niagara et la suprématie sur le lac Ontario; elle devait être secondée par une marche en avant des confingents rassemblés à l’ancien fort Duquesne. À droite une opération indépendante serait poussée contre Québec. Bornons-nous, pour
(1) Journal de Foligny déjà cité.