ÉCHEC DE LA CORNE A CHOUAGUEN
gner à battre la chamade. D'après la capitulation signée le 25 juillet, la garnison obtint les honneurs de la guerre et la protection contre les sauvages; elle fut emmenée prisonnière à New-York et bientôt échangée, car dès l'hiver suivant, Pouchot avait repris sa place dans les rangs de sor, régiment. La défaite de Ligneris et la prise de Niagara assurèrent non seulement à l'Anglais la suprématie sur les Grands Lacs et sur la région de l'Ohio dont la possession avait été la cause de la guerre, mais elles ouvrirent à l'envahisseur du Canada les portes de la colonie. Presque le même jour que Prideaux débarquait à Niagara, le chevalier de la Corne (1) prenait terre près de Chouaguen avec un corps de 1.200 hommes dont 240 soldats, 100 sauvages et le resie Canadiens. Le 5 juillet on se mit en marche pour surprendre l'ennemi qui n’était pas sur ses gardes; bientôt les éclaireurs indiens signalèrent des travailleurs occupés à couper du bois. Il eñt été facile de les enlever sans la panique de quelques mi!iiens qui s’enfüirent en criant : Sauve! Nous sommes cernés! Quand on les rallia, ce qui demanda quelque temps, les Anglais s'étaient aperçus du voisinage des Français et s'étaient retirés derrière ies retranchements provisoires que le colonel Haldemond avait fait dresser. La Corne fit avec quelques-uns de ses officiers une reconnaissance dont le résultat fut de renoncer à l'attaque. Cependant, malgré cette décision, on se fusilla encore le lendemain; l'engagement coûta aux Francais une trentaine de tués et blessés et aux Anglais à peu près la moitié de ce chiffre. La Corne rembarqua son monde, descendit le Saint-Laurent avec les bâtiments de guerre, et alla camper à l'ile des Galots en amont des rapides qui précèdent le lac Saint-François, renonçant aïnsi à une entreprise qui, bien conduite, eût forcé les Anglais à lever le siège de Niagara. Les avis de cette place et l'échec qu'il
(1) Relation de la campagne de La Corne en 1759. Collection des manuscrits Lévis.
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venait de subir agirent sur l'esprit de La Corne qui s’imagina « que l'ennemi allait se présenter tout de suite à la tête des Rapides », et qui annonça son intention de reculer dans ce cas jusqu'au coteau du Lac, dernier village de la Colonie sur le Saint-Laurent supérieur. Aux préoccupations causées par ces graves nouvelles vint s'ajouter la difficulté de subvenir aux besoins matériels de l’armée.
Ce fut dans ces conditions que Lévis fut nommé au coimmandement de toutes les frontières du gouvernement de Montréal. Il partit (1) aussitôt pour les Rapides; en passant à Montréal, il se rendit compte que la question des vivres primait toutes les autres et que pour le pain de la troupe il était urgent de récolter et de battre la récolte qui fort heureusement promettait d’être abondante. A cette fin, sur ies 800 hommes qu'il amenait avec lui, il en mit #00 à la disposition de la culture pour rentrer la moisson. Puis il accomplit sa tournée avec son activité coutumière, débuta par les Rapides et per le camp de La Corne, t.ccélera la mise à l'eau d'une barque sur chantier et expédia les deux autres en croisière sur le lac Ontario pour observer les mouvements des Anglais. Cetie besogne achevée, il poussa jusqu’à Frontenac dont il évacua l'artillerie, redescendit le Saint-Laurent jusqu'à la mission de l’abbé Piquet à la Présentation, fit choix d’une ile pour la construction d’un fort qui fut appelé de son nom, en surveilla les premiers travaux, et était de retour à Montréal le 5 septembre après une absence de trois semaines sien remplies. Deux jours furent consacrés à organiser le service de ravitaillement de l'armée et des postes; le 8 notre chevalier était en route pour inspecter ie corps de Bourlamaque dar: l'ile aux Noix où il s'était retiré; la visite faite et l'entente intervenue pour la défense et pour la subsistance, Lévis revint à Mont.éal où il recut, le 15 au matin, la nouvelle de
(1) Journal des campagnes de Lévis, Collection des manuscrits Lévis.
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