‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 154 sur 303 · ENTRÉE EN COMPAGNE D'AMHERST · texte numérisé non relu

ENTRÉE EN COMPAGNE D'AMHERST

la défaite et de la mort de Montcalm, et l'ordre du gouverneur général le rappelant à l'armée.

Mais n’anticipons pas, ct avant de retourner à Québec disons quelques mot: de ce qui s'était passé du côté du lac Champlain. Bourlamaque, chargé de cette partie, disposait de 3.509 khommes en iron, dont 1.#00 Canadienset Indiens, les autres réguliers. Il avait l'ordre de céder le terrain aux Anglais dont on savait les forces très supérieures aux siennes, de laisser à Carillon une garnison qui évacuerait le fort après l'avoir fait sauter aussitôt « que l'ennemi aurait établi des batteries pour le battre », d'agir de mème pour Saint Frédéric et de se retirer dans une ile de la rivière de Richelieu, à peu de distance du débouché du lac Champlain. Dans la correspondance échangée, Montcalm définissait (1) dans son style nerveux et concis le rôle de Bourlamaque : « Votre besogne, diff ate de la mienne, n’est pas de battre mais de n'être pas battu; ajoutez que votre grande besogne qui vous couvrira de gloire, sera de retarder par des démonstrations, le plus que vous pourrez, l'ennemi. Aussi ne négligez pas les travaux inutiles qui souvent en imposent, et ne vous retirez que pied à pied, et le plus tard que vous pourrez, à votre ile aux Noix, puisque ce sera là le dernier point de défense pour votre frontière et où il faudra vaincre ou périr, et où il faut par conséquent arriver le plus tard qu’il sera possible, »

Ainsi que nous l'avons vu plus haut, la principale attaque contre le Canada devait se faire par la voie des lacs George et Champlain; elle étit dirigée par le général Amherst devenu commandant en chef des troupes britanniques et provinciaies. La campagne ne débuta que tardivement; le 2f juin, Amherst avait quitté le fort Edward (ou Lydius) sur l’Hudson avec 6.000 hommes; mais ce ne fut que le 21 jaillet qu’il s'embarqua sur le lac George

(1) Montcalm à Bourlamaque. Québec, 4 juin 1759. Lettres de Bourlamaque C:ection Lévis, |

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pour se porter à la rencontre des Français campés en avant de Carillon. Son armée se compcsait de 6 bataillons de ligne et d’un détachement de l'artillerie royale, en tout 5.854 réguliers, et de 5.279 provinciaux ; elle emmenait avec elle un pare de 30 canons dont 10 de gros calibre, de 11 obusiers et de 13 mortiers. Le 22 au point du jour, l’avantgarde anglaise coumandée par le colonel Gage, débarqua au Portage. Sur l'alerte donnée à Carillon, Bourlamaque, à défaut de ses sauvages qui refusèrent de marcher, envoya reconnaitre l'ennemi par ses volontaires et ses Canadiens. Ceux-ci n'arrivèrent à la Chute que pour voir les rangers défiler au pas de course sur la passerelle qu’on n’avait pas

ris le soin de couper; il s’en suivit une escarmouche insi- . P

gnifiante où le régiment de Berry perdit 4 soldats scalpés sans doute par les rangers. Dès le soir de cette affaire à minuit, Bourlamaque, qui avait déjà commencé à déblayer le fort, mit sa division à bord de sa flottille et vogua vers l'embouchure de la Barbue, petit affluent du lac Champlain. 11 laissait à Carillon une garnison de #00 hommes sous le capitaine d'Hébécourt.

Ambherst qui, à sa grande surprise, avait occupé sans coup férir les retranchements derrière lesquels, il y avait à peine un an, Montcalm avait repoussé les assauts répétés d’Abercromby, entreprit sans tarder le siège de Carillon. II ouvrit les parallèles dans le terrain qui s'étendait entre le fort bâti au bord de l’eau et les redoutes que l’on avait construites après la bataille du 8 juillet 1758, poussa activement les terrassements et installa ses batteries. L’achèvemnent de ce travail devait être le signal de l'évacuation; aussi dans la soirée du 27 juillet, Hébécourt embarqua ses hommes, ses bagages et ses canons, prépara les mines pour faire sauter les fortifications et alla rejoindre le camp de son général. Au mon 2nt du départ (1), il y eut du désor-

(1) Desanarouins, par l'abbé Gabriel, et Mante, Late war in America, p. 213.

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