‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 164 sur 303 · WOLFE PREND POSITION SUR LA PLAINE D'ABRAHAM · texte numérisé non relu

WOLFE PREND POSITION SUR LA PLAINE D'ABRAHAM

du colonel Howe embusquée dans les maisons de Sillery et dans celles qui bordent la route de ce village à Québec. A la droite quelques feux de peloton avaient fait rétrograder un détachement français qui faisait mine de pousser jusqu’à l’anse du Foulon. Bientôt, grâce à la venue des dernières troupes débarquées, l’armée de Wolfe fut au complet rangée en deux lignes, la première forte de 7 bataillons aux ordres de Monckton et Murray, la seconde de 3 bataillons sous Townshend ; en réserve le 48° régiment; un des bataillons de la seconde ligne replié en potence devait assister Howe et ses chasseurs dans la tâcne de protéger le flanc gauche et les derrières de l’armée. Les Anglais avaient sur le champ de bataille 4.500 combattants de tous grades (1) et deux canons de campagne. Pendant que Wolfe et le gros de ses troupes descendaient le fleuve et se préparaient à prendre pied à l’anse du Foulon, l'amiral Saunders détournait l'attention des Français en canonnant la malheureuse ville de Québec, en plaçant des bouées d’amarrage et en faisant manœuvrer devant les ligres de Beauport de nombreuses embarcations pleines de matelots et de « marines ». Montcalm, avisé de ces démonstrations, fit aussitôt garnir les tranchées du rivage et passa la nuit en l'attente des événements. Au petit jour il entendit (2) le canon de Samos et s’imagina que les Anglais avaient enlevé le convoi de provisions annoncé; puis, voyant tout tranquille, il renvoya les troupes à leur camp, se restaura en buvant quelques tasses de thé avec son aide de camp Johnstone, et se porta à cheval vers le logement du gouverneur général. À partir de ce moment, le récit que Johnstone met dans la bouche de son héros

(1) L'état de troupes engagées donné par Knox fait ressortir 4.816 présents sans compter l'artillerie. Le rapport de Townshend donne le chiffre de 4.484 pour tous grades et corps.

(2) Johnstone. Dialogue de Montcalm et Wolfe.

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diffère de celui de Vaudreuil. D'après ce dernier (1), Montcäalm « fut le premier informé... il ordonna tel mouvement qu'il jugea à propos, sans m'en faire part, ni même me voir; un seul billet que M. de Bernetz m’écrivit de Québec à 6 heures moins un quart... m'apprit que l'ennemi était descendu au Foulon. » Johnstone au contraire raconte qu'ils n’eurent connaissance de l’entreprise de Wolfe qu’en apercevant les habits rouges sur les hauteurs d'Abraham, qu’ils rencontrèrent le gouverneur général sortant de son logis, et qu'après avoir causé avec celui-ci, Montcalm ordonna à lui, Johnstone, de courir à Beauport, de dire à Poulhariès qui y commandait d’y conserver 200 hommes et de faire partir tout le reste, le plus vite possible, pour les hauteurs d'Abraham. Il y aurait eu quelque discussion sur l'interprétation de cet ordre entre Johnstone, le brigadier Sénezergue, Poulhariès et Lotbinière, officier d'ordonnance de Vaudreuil ; Poulhariès aurait même montré un message signé du major général Montreuil et apporté par Lotbinière « que pas un homme de la gauche ne devait quitter son camp. » Quelle que fût la teneur des instructions ou la responsabilité engagée pour leur transmission, elles eurent pour résultat de laisser dans le camp presque tous les Canadiens du gouvernement de Montréal. Dans l'état-major français on fut quelque temps avant de comprendre la gravité du fait qui s'était produit. Dans le billet dont parle le gouverneur (2), Bernetz, touten annoncant la descente des Anglais, croit qu’ils se sont rembarqués et ne demande pour la ville de Québec qu'un renfort de Là 2 piquets, c'est-à-dire de 100 hommes. Vaudreuil dans une lettre (3) à Bougainville, expédiée à 6 heures trois quarts È du matin, s'exprime dans le même sens : « Il paraît bien |

ff:

(1) Vaudreuil au Ministre. Montréal, 5 octobre 1759. Récit de la campagne. Archives des Colonies. Canada.

(2) Bernetz à Vaudreuil. Québec, 13 septembre 1759. Archives des Colonies.

(3) Vaudreuil à Bougainville, 13 septembre 1759. Papiers de famille.

nies.

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