MONTCALM SE DÉCIDE A ATTAQUER LES ANGLAIS
ient prélèvement des grenadiers et des volontaires pour le corps t-il de Bougainville, avaient perdu tout autant en qualité qu’en ner quantité. Étant données la composition de ses forces et la t le prépondérance de l'élément irrégulier, il est étrange que Jurs le général français se soit décidé pour l’attaque, en plaine ' visé découverte, d'un adversaire beaucoup plus solide que lui, que au lieu d'utiliser la nature des lieux et les accidents de ter- ,0n rain pour mettre en valeur les aptitudes spéciales de ses rant soldats, pour la plupart tireurs de premier ordre. Quels ève- que fussent les motifs qui déterminèrent Montcalm à sortir irait de sa prudence habituelle et à abandonner la stratégie déd’on fensive appliquée avec succès depuis le commencement ses de la campagne, il faut ajouter que ses dispositions taconté tiques prêtent fort à la critique. Il n'essaya pas de combiner ses mouvements avec ceux de Bougainville qu'il ba- savait être sur les derrières des Anglais à Sillery, ou à t, il à Sainte-Foy, à un peu plus de deux lieues de distance (1); om- il n’eut recours ni au parc d'artillerie que possédait ia otal ville de Québec, ni à l’appoint que la garnison aurait pu hés lui fournir; enfin il ne constitua aucune réserve pour cou- 4 ient vrir la retraite en cas d'échec. JM irde / Vaudreuil n'assista pas à la bataille; cependant il était ! bat- au courant de la situation dès 7 heures; il avait été informé fl ais, que Montcalm avec le gros était en face des Anglais; mais mes il fat si lent à se mettre en route qu'il n’arriva sur le vés, | champ de l’action qu'après la défaite. I! avait néanmoins gu- à trouvé le loisir d'écrire à son général un billet (2) le priant ce. F « de ne rien prématurer » et de n'agir qu'avec le concours voi de Bougainville et de la garnison de Québec. Vaudreuil afs, à k firme, nous ignorons sur quel témoignage, que la dépêche de | fut remise à Montcalm en temps utile. Admettons comme Ana- | exacte cette assertion faite trois semaines après les événemo- Ë (1) Journal tenu à l'armée. Archives des Colonies. Canada. L'auteur de ce ans document est hostile à Montcalm.
> du (2) Récit de Vaudreuil. Montréal, 5 octobre 1759. Archives des Colonies.
gébisges LS
ments, alors que l’infortuné Montcalm n'était plus là pour la contredire ; au lieu de correspondre, le gouverneur général eût été mieux inspiré en accélérant ses mouvements et en se portant de sa personne sur le théâtre du combat.
L'affaire (1) commenca à 10 heures. Les Français formaient une ligne irrégulière sur trois rangs de profondeur ; ils avancèrent avec entrain, poussant des cris et tirant à volonté. Deux attaques se dessinèrent contre la gauche de Wolfe, la troisième contre sa droite. Arrivés à 4 pas des Anglais, il y eut du flottement dans la troupe. Les Canadiens incorporés danses bataillons de France se couchèrent par terre selon leur habitude pour recharger leurs armes, pendant que leurs camarades français restaient debou‘. La mitraille des canons anglais el une salve de mousqueterie à courte distance augmentèrent le désordre. La petite armée de Montcalm fit volte-face et s'enfuit dans la direction de la ville avec les Anglais à leurs trousses. La poursuite fut arrêtée par le canon du rempart et par celui des batteries flottantes de Saint-Charles. Voici en quels termes Lévis, qui dut recueillir peu de jours après les témoignages des officiers présents, raconte la bataille : « M. le marquis de Montcalm qui n'avait pas eu le temps d’avertir M. de Bougainville, qui était au Cap Rouge, comptait qu'il l’aurait été par ses postes. Il attendait d'apprendre qu'il était à portée pour attaquer les ennemis dans le temps qu'il en ferait de meme. Mais il n’attendit que jusqu’à 10 heures, et voyant alors que les troupes montraient beaucoup de fermeté et de zèle, lui disant continuellement que les ennemis faisaient arriver du canon et prenaient poste en se retranchant, il résolut de tout tenter malgré la disproportion des forces. L’ennemi s'était posté derrière de petites hauteurs. Le chemin pour aller à eux était difficile, embar- :
(1) Voir pour le récit de la bataille la collection des papiers de Lévis, Casgrain, Parkman, Knox, Mante, Manuscrit Johnstone, Journal de Folignÿ Wright, etc., etc.