‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 168 sur 303 · MORT DE WOLFE · texte numérisé non relu

MORT DE WOLFE

d'autre souci que de se couvrir de retranchements, et de transporter sur le plateau, des bâtiments où elles étaient encore, son artillerie et ses munitions,

A la bataille d'Abraham, la perte des Anglais fut de 66 officiers et 598 sous-officiers et soldats mis hors de combat; celle des Français n’a pas été constatée par un document officiel; elle ne dut pas dépasser le chiffre de 1.000 à 1.200, dans lequel la part des 5 bataillons de France fut en officiers 11 tués et 23 blessés, en soldats 137 tués et environ 300 blessés. En outre de 200 prisonniers faits sur le champ de bataille, beaucoup de blessés restèrent entre les mains des Anglais qui s'emparèrent aussi de deux pièces de canon.

Quel fut le rôle de Bougainville dans la bataille d’'Abraham? Le reproche de lenteur qui lui a été adressé est-il justifié? Sur ce point délicat les partisans et les détracteurs du futur navigateur ne sont pas d’accord. Retenu au Cap Rouge par les démonstrations de la flottille anglaise, il dut néanmoins entendre le canon de Samos et être averti de la descente par les fuyards des postes de Saint-Michel et de Sillery. D'autre part, Knox (1) parle d'une escarmouche avec la cavalerie canadienne et d'une tentative contre la seconde ligne anglaise par le corps de Bougainville, tentative qui aurait échoué, grâce aux bonnes dispositions de Townshend; le premier de ces incidents se serait passé avant l’attaque de Montcalm, et par conséquent avant 10 heures. Au dire de Mante (2), le corps de Bougainville composé de cavalerie, grenadiers ct infanterie légère, s'était formé en arrière des Anglais et avait conservé cette position à la fin de la bataille; il ne mentionne aucun engagement. Johnstone affirme (3) que Bou-

(1) Knox, vol. II. Récit de la bataille d'Abraham, (2) Mraie. Late war in America.

(3) Johnstone. Dialogue aux Champs-Élysées de Montcalm et Wolfe.

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gainville, prévenu entre 7 et 8 heures, s'ébranle aussitôt, suivit la route directe de Québec, vint se heurter à une maison où s'était logé un détachement anglais, ne put se servir de son canon faute de munitions oubliées au Cap Rouge, perdit du temps pour les faire venir et laissa ainsi échapper le moment propice pour une diversion contre le flanc ou les derrières de l'ennemi. Le Journal de Lévis (1) donne des opérations du corps volant le compte rendu suivant : «M. de Bougainville, n'ayant été averti que tard (2) du débarquement des ennemis, commença à se mettre en mouvement avec envi: 1n 900 hommes (3) seulement, marcha vers la muison de Saint-Michel qu'il trouva occupée. Il la fit attaquer par les volontaires de Duprat, mais sans succès, les ennemis y étant bien établis, et passa outre. Mais ayant appris à une certaine distance de l'armée ennemie que ia nôtre avait été battue, il se replia vers la Vieille Lorette et envoya demander à M. le marquis de Vaudreuil de nouveaux ordres. »

De ces différentes narrations il semble possible de dégager la vraisemblance des faits (4). Informé, probablement entre 7 et 8 heures, de la gravité de ce qui se passait du côté de Québec, Bougainville smploya deux heures à réunir sen monde et à franchir les 7 ou 8 kilomètres qui le séperaient de Saint-Michel, gaspilla une demi-heure à la tentative contre le poste anglais et déboucha « sur le chemin de Saint-Foy (5) à portée et en présence » de l'armée anglaise alors que l’action se terminait et que l’intervention de sa poignée d'hommes eut été plus dangereuse qu'utile.

(1) Journal de Lévis, p. 210.

(2) Bougainville dit qu’il ne fut averti qu'à 8 heures. Journal tenu à l'armée. (3) Bougainville avait plus de 2.000 hommes sous ses ordres, mais dans ce À total étaieut compris de nombreux postes qu'il ne pouvait dégornir, \ (4) Voir à ce sujet Kerallain. « La jeunesse de Bsugainville ». (5) Montreuil à Lévis. Jacques Cartier, 15 septembre 1759. Collection Lévis. D'après ce récit, Bougainviile ne serait arrivé qu'à midi ou 1 heure.

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