‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 171 sur 303 · RETRAITE DE L'ARMÉE JUSQU'A JACQUES-CARTIER · texte numérisé non relu

RETRAITE DE L'ARMÉE JUSQU'A JACQUES-CARTIER

) da- ni souci de l'avenir; on se contenta de distribuer aux hom-

endu mes quatre jours de vivres, eton abandonna le surplus dans

main le camp. Du grand stock qui y avait été si péniblement

nter- amass, Bigot ne put faire passer à Québec, dont il connais-

: & A sait le dépourvu, qu’une cinquantaine de quarts de farine.

erré, | Le reste fut pillé par les sauvages et par les habitants des

mbe, environs. Ni lui ni Vaudreuil n'avaient songé à avertir le

heu- gouverneur Ramezai des richesses en munitions de guerre

néral et provisions de bouche qu'il avait à ses portes, et pour le

ment transport desquelles il eût pu utiliser, tout au moins pen-

x, af- dant la nuit, les bateaux nombreux attachés au port de

\gner Québec.

» A neuf heures du soir, la tête de colonne s’ébranla. « Tout

is de le monde suivit la même route; le.lésordre commença au

re la moment du départ, écrit le rédacteur des dernières pages

d’au- du Journal de Montcalm (1); les divisions et les équipages

taque se mêlèrent avec tant de confusion que 50 hommes au-

n, ils raient détruit tout le reste de notre armée. Le soldat fran-

ait ni çcais ne connaît plus de discipline et au lieu d’avoir formé

crise le Canadien, il en a pris tous les défauts..…..: La plus grande |

n im- partie des Canadiens de Québec profita du désordre et re- l 1 édio- gagna ses foyers, peu inquiète du maitre auquel elle ap- M: 1 tion ; partiendra désormais; et l'armée n’était plus, le 14 ausoir, (EL

bn, ne en arrivant à la Pointe aux Trembles, qu’un peloton confus l

S cON- et mêlé des 5 bataillons et des Canadiens des trois gouver- Et: e de- j nements. » Le lendemain on poursuivit la marche jusqu’à | ' ancer Jacques-Cartier, à 12 lieues de Québec. Bougainville qui j oupé avait repris le contact, couvrit la retraite en prenant posi- 119 | rangs tion le 14 à Saint-Augustin et le 15 à la Pointe aux Trem- LOU isoin bles ; il avait conservé au Cap Rouge et à Lorette des avant-

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postes que l'ennemi n’essaya pas d’insulter.

Par bonheur, le commandement allait être ressaisi par rchives des mains viriles : Lévis reçut le 15 septembre, à 6 heures

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(1) Journal de Montealm, pages 615 et 616. Collection Lévis. GUERRE DE SEPT ANS, — T. I. ‘1

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du matin, les dépèches de Vaudreuil lui annonçant la perte de la bataille d'Abraham, la mort imminente de Montcalm, la retraite sur Jacques-Cartier et le priant de se rendre à l’armée. Trois heures après il était en route, et quoique attardé par les mauvais chemins, le 17 il rejoignit le gouverneur général. Durant le trajet, il rencontra force fuyards dont les propos et plus encore l'attitude lui apprireni l’étendue du désastre. Il adopta aussitôt des mesures énergiques pour rétablir la discipline et fit comprendre à Vaudreuil l'avantage, voire même la nécessité, d’un retour offensif qui arrèterait la désertion et entraverait les opérations du siège que les Anglais avaient sans doute commencé. Avant tout, il failait révoquer les instructions néfastes laissées au gouverneur de Québec, ranimer l'esprit de la garnison et faire entrer des provisions dans la ville. D'ailleurs Vaudreuil n’avait pas attendu la venue de Lévis pour essayer de ravitailler la capitale, mais ce fut seulement après l’arrivée de celui-ci qu’il intima l’ordre à Ramezai de ne pas capituler et qu’il l'informa de la marche de l’armée pour le secourir.

Passons maintenant du camp de Jacques-Cartier à la place assiégée. La garnison de Québec se composait d’à peu près #00 soldats des bataillons de terre ou de la marine, d'environ 800 marins attachés au service des batteries et de la milice urbaine, sorte de garde nationale sans autre expérience de la guerre que celle du bombardement qu’elle venait de subir. Au découragement produit par la défaite et par la mort du général dans lequel on avait logé toute sa confiance, s'ajoutait la pénurie de vivres qui menaçait de se transformer en famine. En effet, depuis le 13 septembre, la population à nourrir s'était accrue de près de #.000 réfugiés, pour la plupart femmes et enfants. En additionnant le civil au militaire il fallait compter 6.000 rationnaires et pour faire face aux besoins de la consommation, on ne possédait « que 15 à 16.000 livres de farine, pois, fèves ou

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