‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 173 sur 303 · TENTATIVES POUR RAVITAILLER QUÉBEC · texte numérisé non relu

TENTATIVES POUR RAVITAILLER QUÉBEC

Bellecour « dire à M. de Ramezai que sûrement je lui porterais ce soir 100 quintaux de biscuit. » Un billet de Bernetz (1), commandant en second de Québec, à Bougainville, confirme la visite de Bellecour et donne des détails navrants sur le moral de la garnison : « Votre arrivée ne peut être trop prompte et c'est avec la plus vive douleur que je vous apprends que tous les miliciens sont sans courage et sans volonté; la plupart ont jeté leurs armes; les batteries sont presque sans servants; une désertion affreuse, plus de vivres à peine pour quatre jours, le peuple, les enfants crient famine... Opérez au plus tôt un remède, sans quoi.M. de Ramezai ne veut pas se laisser emporter d'assaut et sacrifier le peuple. Les travaux de l’ennemi sont sous la place et une batterie à la face de la courtine entre la porte Saint- Jean et Saint-Louis... Envoyez-nous un ingénieur et le plus promptsecours. Point un moment à perdre. La batterie que fait l'ennemi ne peut ètre battue par notre canon faute d’'embrasures et le fusil n’y peut rien... J'ai envoyé M. de Bellecour exhorter et vertuser (sic) la batterie. »

A l'heure à laquelle Bernetz traçait ces lignes désespérées Québec était perdu pour la France. Ni la mission de Bellecour, ni l'entrée promise pour le soir même de La Koche-Beaucour avec le premier convoi des provisions annoncées, n’eurent d'influence sur l'esprit timoré du gouverneur; il avait attendu deux jours des secours qui n'étaient pas venus, il n'attendrait pas une heure de plus, et le 17 septembre de triste mémoire, à 3 heures de l'après-midi, il dépêcha (2) Joannès auprès du général anglais avec le projet de capitulation qu'il avait reçu quatre jours auparavant du gouverneur général. Au dire du major, il aurait personnellement protesté contre l’idée de

(1) Bernetz à Bougainville, Québec, 17 septembre. Papiers de famille. (2) Ramezai à Vaudreuil. Québec, 18 septembre. Archives des Colonies. Col-

.lection Moreau.

en + Emme cote norme nue

traiter et aurait cherché, sans succès, à inspirer à Ramezai "ne conduite plus virile,

De la part des Anglais l'affaire se conclut vite: Townshend, trop heureux de sortir d’une situation qui, malgré la victoire d'Abraham, ne laissait pas d’être épineuse, accepta tout le texte qu'on lui soumettait, à l'exception de l'article 1°" qui stipulait le renvoi de la garnison à l'armée; il ne voulut consentir qu'au retour en France. Joannès qui ne demandait qu'à gagner du temps, objecta qu'il n'avait pas de pouvoir pour introduire des modifications à la rédaction, à quoi Townshend répliqua qu'il lui était facile de consulter son chef et d’être rentré au camp à 11 heures du soir, « sans quoi il n’y aurait rien de fait ».

Ramezai acquiesça d'autant plus volontiers aux exigences anglaises qu’il était fort ému d’un incident qui venait de se produire. Sur l'approche de quelques berges du côté de la basse ville et sur l’apparition d’un détachement anglais venu pour débroussailler (1) le voisinage de l'enceinte, où crut à une altaque par mer et par terre et on battit la générale? En arrivant sur la place, le commandant fut avisé que les miliciens refusaient de se battre. « Au même instant, relate-t-il (2), les officiers de milice vinrent me trouver et me déclarèrent qu’ils n'étaient point d'humeur à soutenir un assaut, qu'ils savaient même que j'avais des ordres contraires et qu'ils allaient rapporter leurs armes aux magasins afin que l'ennemi qui allait entrer les trouvant sans armes ne les passât pas au fil de l'épée, que dans ce moment-ci ils ne se regardaient plus comme soldats mais comme bourgeois, que si l’armée ne les avait pas abandonnés, ils auraient continué à donner les témoignages de

(1) Knox. Hislorical Journal, vol. II, p. 83, etc. (2) Mémoire de Ramezai. Archives des Colonies. Canada, 1760. Cet incident. que Ramezai, d'accord avec d'autres récits, fixe à 6 heures du soir, fut pu:térieur au premier envoi de Joannès qui eut lieu entre 2 et 4 heures,

nezai

end, , VicCepta l'arse; il s qui avait à la acile 2ures

>nces

Page 1