DÉPÈCHES DE LÉVIS ET VAUDREUIL POUR LA COUR
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|; les faisait en termes sobres et précis l'historique des événenplie ments depuis la mort de Montcalm et un court exposé de 1 an- la situation et des besoins de la colonie. « Il faut convela ses nir, écrit-il (1), que nous avons été bien malheureux. Au L'o- moment où nous devions espérer de voir finir la campaiglais gne avec gloire, tout a tourné contre nous. Une bataille Ru ll main perdue, une retraite aussi précipitée que honteuse, nous l'A élette : ont réduits au point où nous en sommes. On impute à | . CON- É M. de Montcalm d’avoir trop divisé l’armée, et d’avoir at- im! s che- taqué trop tôt les ennemis sans avoir rassemblé toutes les ( ). Cet ; forces qu'il aurait pu avoir. Je dois à sa mémoire, pour Hi 4 ant, à À assurer la droiture de ses intentions, de dire qu'il a cru Hi} ir eS- 4 ne pouvoir faire mieux; mais malheureusement les généter de À raux ont toujours tort quand ils sont battus. Je ferai cert sans tainement tous mes efforts, conjointement avec M. de Vaunande dreuil, pour soutenir cet hiver le reste de cette malheureuse is pas, colonie et attendre les secours qu’il plaira à Sa Majesté de oud. » nous envoyer dans les premiers jours du mois de mai... s, Am- A l'égard de nos frontières, elles consisteront cet hiver, t réin- 1 au poste de Jacques Cartier, où il y aura mille hommes a plus. dans le fort ou aux environs, pour observer la garnison de tleurs : Québec, à l'Ile aux Noix, Saint-Jean ou Chambly le même postes : nombre, et au fort qui est à la tète des Rapides 500 homdu lac mes. Nous conserverons trois frégates, pour qu'au printemps nous puissions garder le courant du Richelieu, pour es gla- k empêcher que les ennemis ne remontent le fleuve avec rance; 1 leurs berges et d’autres bâtiments jusqu'aux Trois Rivières tait de et même jusqu’à Montréal. Si le Roi veut soutenir cette porter, : colonie, elle n’est pas encore sans ressources, et s’il lui ial Le plait d'envoyer au mois de mai une escadre qui devance s. Dans celle d'Angleterre et qui nous rende maitres du fleuve avec , Lévis six mille hommes de troupes de débarquement et quatre de Bour-
(1) Lévis à Belleisle, 1°" novembre 1759. Collection de Lévis,
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mille hommes de recrues pour les bataillons et les troupes de la Marine qui sont ici. Il faudrait aussi un train de grosse artillerie avec des munitions de toutes espèces comme du fer, de l’acier, des outils de toutes sortes et 10.000 fusils, la prise de Québec nous ayant dépourvus de toutes choses. Les troupes de débarquement que le Roi enverrait pour prendre Québec pourraient s’en retourner en France avec l'escadre. Nos forces seront peu considérables au printemps. Les 8 bataillons ne feront pas plus de 2.400 combattants, et les troupes de la Marine 11 à 1.200; et s’il ne nous arrive pas des secours, nous ne pouvons compter que sur les habitants des gouvernements des Trois Rivières et de Montréal, et encore auronc-nous de la peine à les rassembler. A l'égard des sauvages, nous en aurons 1.000 ou 1.200, supposé qu'il nous arrive une escadre; car, sans cela, nous serons fort heureux s’ils ne sont vas contre nous. Si le Roi ne juge pas devoir nous donner du secours, je dois vous prévenir qu'il ne faut plus compter sur nous à la fin du mois de mai. Nous serons obligés de nous rendre par misère ; manquant de tout, il nous restera du courage sans aucune ressource pour le mettre en usage. »
Lévis écrivit dans le même sens à Berryer, ministre de la marine, au duc de Choiseul et à M. de Crémille. Quant à Vaudreuil, il employa ses loisirs, après son retour de l'armée, à rédiger un récit des événements où il s’attribue le mérite d’une prévoyance et d’une sagacité à toute épreuve et où il rejette sur Montcalm la responsabilité de tous les désastres de la campagne. Oublieux des égards dus à la mémoire du glorieux défunt, il lui impute (1) les intrigues les plus mesquines contre son autorité et le désir à peine déguisé de le remplacer dans ses fonctions de gouverneur général. Peut-être espéra-t-il découvrir dans les
(1) Voir dans Parkman, vol. IL, p. 318, l'analyse de la dépêche de Vaudreuil à Berryer.
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