MARINE ET COLONIES
DESCENTES ANGLAISES EN NORMANDIE ET EN BRETAGNE. — COM- BAT DE SAINT-CAST. — PERTE DU SÉNÉGAL ET DE LA GUADE- LOUPE. — BATAILLES NAVALES DE LAGOS ET DES CARDINAUX.
— SUPRÉMATIE MARITIME DE L'ANGLÉTERR£. — CAMPA- GNES DE LALLY AUX INDES. — SES PREMIERS SUCCÈS. —
ENGAGEMENTS ENTRE LES ESCADRES, — SIÈGE DE MADRAS. — PRISE DE MASSULIPATAM PAR LES ANGLAIS. — COMBAT NA- VAL DE TRANQUEBAR. — DÉMÈLÉS DE LALLY AVEC BUSSY ET LEYRIT, —— RÉVOLTE DES TROUPES.
Dans notre récit des premières années de la Guerre de Sept Ans, nous avons laissé de côté avec intention tout ce qui à trait aux débarquements anglais sur la France continentale, aux combats entre les escadres des deux pays, enfin aux incidents des Antilles et des Indes Orientales. Pour éviter la confusion qu'aurait engendrée l'insertion, à leur place chronologique, de ces épisodes secondaires, nous les avons négligés pour ne nous attacher qu'aux faits vlus importants de la lutte en Allemagne et en Amérique. Il convient de combler cette lacune, et pour cela de remonter quelque peu en arrière.
Malgré l’insuccès de la tentative contre le port de Rochefort en 1757, Pitt, jusqu'alors adversaire résolu de toute participation des soldats britanniques aux hostilités d'Allemagne, avait obtenu le consentement du roi George ei
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de ses collègues du ministère à une nouvelle descente sur les côtes françaises. Vers la fin de mai 1758, un corps expéditionnaire d'environ 1#.000 hommes, aux ordres du duc de Marlborough, s’'embarqua sur une flotte de plus de 100 transports qui fit voile le 1°" juin (1) sous l’escorte d'une escadre de 5 vaisseaux de ligne et de plusieurs frégates et corvettes. Le #, on signala de Saint-Malo, l’apparition de 115 bâtiments; le lendemain, la mise à terre eut lieu dans la baie de Cancale, presque sans opposition de la part des Français qui n'étaient pas en force. Les 7 et8, les Anglais qui s'étaient approchés de Saint-Malo, incendièrent à Saint-Servan, dans la rade du Solidor, 80 bâtiments de commerce de 150 à 300 tonneaux et 20 corsaires désarmés ou sur chantier. L’alerte fut des plus vives dans la ville où le duc d’Aiguillon, gouverneur de la Bretagne, avait réuni un bataillon de ligne, deux bataillons de gardes-côtes, #80 miliciens et à peu près autant de volontaires, maïs {ariborough, satisfait de son œuvre de destruction, ne tenta rien contre Saint-Malo et remit ses troupes à bord le 11. Ce ne fut que dix jours plus tard que le convoi, retenu par les vents contraires, s'éloigna définitivement de la côte. De part et d'autre, les pertes insignifiantes n’avaient pas dépassé une trentaine d'hommes hors de combat. Après de vaines démonstrations devant le Havre et Cherbourg, l'expédition rentra à Spithead Le 1°" juillet. Le dommage causé aux armateurs malouins n'avait pas altéré leur bor. esprit. s’il faut en croire le maire, M. Le Breton de la Vieuville, qui écrit à Belle-Isle : « les ennemis en nous brülant 80 navires ont enflammé notre zèle ». Il est vrai qu'à titre de récompense pour la belle conduite de ses administrés, il demande la franchise du port.
(1) Le récit des descentes de Saint-Malo et Cherbourg est tiré des Archives de la Guerre et des Archives nationales. Marine, de Clowes, Royal Navy et de l’'Annual Register, 1758, etc.
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