CAPITULATION DE LA GUADELOUPE
uifs vait à Sainte-Anne quelques heures trop tard pour in- )h- terrompre les pourparlers.
iée Voici ce qui s'était passé du côté français : le départ de l'escadre de Bompart, à'abord fixé à la fin de 1758, avait er'- été retardé par l'armement de deux vaisseaux supplémenter taires. Il fit voile de Brest le 21 janvier 1759 avec huit ane vaisseaux de ligne dont deux en flûte et mouilla à Fort ait Royal le 8 mars. À cette date, les Anglais étaient déjà de- maîtres des villes principales de la Guadeloupe ; à la Mara tinique même, tout était en désarroi. « Je les trouvai, écrit ges Bompart à Berryer (1), dans la plus grande disette de x et vivres les plus nécessaires, un peuple effrayé, l'ordre et la ion subordination presque anéantis..…. le chef n’était ni conini- sulté ni prévenu sur les divers objets du service; lui-même voir 4 laissait agir et tout faire. » L’escadre demeura à l'ancre ien pendant six semaines; enfin, après force conférences avec son Beauharnais et un conseil de guerre, on réunit environ plus 350 réguliers des troupes coloniales et quelques centaiùler nes de volontaires et de nègres, et on appareilla pour la fin, ' Guadeloupe. Le débarquement se fit le 27 avril à Saintergé, Anne (2), sous la protection des vaisseaux français; le l'île gouverneur général envoya aussitôt un aide de camp ou- 1 s'aboucher avec Beaulès, le commandant de la Grandente- | Terre. En route (3), le messager rencontra un officier porient : teur du projet de convention préparé par Nadau que ce e de dernier faisait communiquer à Beaulès et aux habitants. vint à Malgré ce fâcheux présage, il se rendit au camp où Beaugé- harnais le rejoignit à 3 heures du matin. Ils essayèrent sent | en vain de prêcher la résistance; on leur répondit qu’on eurs ne voulait plus se battre. Découragé par cette attitude, ssu- | Béauharnais se rembarqua le 29 pour la Martinique, t de | ime (1) Bompart à Berryer, 20 mars 1759. Archives de la Marine, B. 4, vol. XCI. are (2) Mémoire justificatif de Bompart, janvier 1760.
(3) Piguereau de Thumisseau au Ministre, 17 mai 1759. Archives de la 1rr1- Guerre (cartons), 1759.
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sans essayer de voir (1) le gouverneur Nadau-Dutreil et sans prévenir Bompart, avec lequel il paraît avoir été en mauvais termes. Le jour n.ême de son départ, la capitulation fut signée.
Un peu d’entente entre les deux chefs et un peu plus d'énergie de la part de Beauharnais, eussent probablement sauvé l’île. Les Anglais étaient à bout. « J’espère que vous approuverez l’arrangement, écrit Barrington (2), car je puis vous assurer que par force je n'aurais pu me rendre maître de ces îles, ni même garder le fort Saint- Louis que j'aurais été obligé de faire sauter après en avoir retiré la garnison; ainsi, pas un pouce du pays ne serait resté à S. M. excepté Le territoire de Fort-Royal (Basse Terre) et cette place... aurait succombé aussitôt Parmée partie. » Que Nadau fût d'accord avec les pianteurs, comme l’affirma Beauharnais, qu'il voulût au contraire prolonger la lutte comme il le prétendit lui-même, toujours est-il qu'il porte ia responsabilité d'une convention datée du 1° mai, qu! remettait aux ervahisseurs la Guadeloupe et ses dépendances, tout en assurant la liberté de ce qui sestait de troupes régulières. Le 26 mai, un traité du même genre livra aux Anglais l’île de Marie-Galante. Barrington, ses conquêtes achevées, rentra en Angleterre avec 3 bataillons réduits à un effectif total de 600 hommes ; il laissait à la Guadeloupe le surplus de son commandement, dont il avait detaché pour l'Amérique 350 Écossais fort affaiblis par les maladies qui avaient fait tant de victimes dans le corps expéditionnaire.
Bompart fit relâche à la Martinique pendant le mois de mai, puis, après avoir pris toutes sortes de précautions pour tromper la vigilance de Moore, mit à la voile le 6 juin, alla se ravitailler à {a Grenade, et termina sa cam-
(1) Mémoire de Nadau-Dutreil adressé au Roi en 1780. Archives de la Marine.
(2) Barrington à Pitt, Guadeloupe, 9 mai 1759. Record Office.
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